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Dernières Infos - Yémen

Plus de 300 combattants morts dans l'offensive houthie, des familles sur les routes


Des forces loyales au gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite circulent à bord d’un pick-up dans le district de Hays, au sud de Hodeida, le 5 septembre 2026. Photo Khaled Ziad/AFP.

Des affrontements entre les forces progouvernementales yéménites et les houthis pro-iraniens dans le sud-ouest du Yémen ont fait plus de 300 morts ces derniers jours, poussant sur les routes de nombreuses familles. Dans ce pays pauvre qui a replongé dans la guerre en juillet, sur fond d'embrasement régional, les rebelles ont lancé jeudi une nouvelle offensive visant notamment à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.

Des familles ont fui ce week-end les combats, trouvant refuge dans un camp de déplacés de la région de Taëz. Des journalistes de l'AFP ont vu des habitants arriver dans des pick-up chargés de couvertures et d'autres affaires, et installer des abris dans la brousse, exposés au soleil et à la chaleur. « Nous avons fui avec nos enfants sans même mettre nos chaussures », raconte Rawdhah Hassan, une déplacée de Maqbanah, disant avoir abandonné bétail et effets personnels sous les tirs. « Les tirs venaient de partout, ils nous ont encerclés de tous les côtés », décrit-elle.

« Coincés et affamés »

« Certains ont été blessés et d'autres tués, nous les avons vus étendus au sol, mais nous ne pouvions aider personne », relate Nimah Saif, venue de Jabal Habashi. « Maintenant, nous sommes coincés ici, affamés, sans rien à manger ». Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), environ 1.790 foyers avaient dû quitter à la date de vendredi leurs logements à la suite d' »intenses bombardements et affrontements ». La situation a notamment entraîné l'évacuation des camps des environs accueillant déjà des personnes déplacées, « générant des déplacements secondaires à grande échelle ».

Un porte-parole du chef de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré qu’il était « profondément préoccupé par les affrontements militaires en cours », avertissant qu’ils pourraient avoir « des conséquences politiques, économiques et sécuritaires dévastatrices pour le Yémen et sa population ». Rien qu'entre samedi midi et dimanche matin, les combats ont fait plus de 140 morts. Deux responsables militaires des forces progouvernementales ont fait état de 84 soldats morts dans leurs rangs, principalement dans des attaques à la roquette, tandis que 57 rebelles ont été tués sur la même période, d'après quatre sources côté houthi.

Les combats ont désormais diminué en intensité, selon un responsable du gouvernement reconnu par la communauté internationale, basé à Aden (sud) et soutenu par l'Arabie saoudite voisine. Les troupes gouvernementales « ont réussi à établir des positions » à moins de 30 kilomètres de la côte de la mer Rouge, a-t-il affirmé. Selon lui, les houthis ont toutefois progressé à l'ouest de Taëz, dans leur avancée en direction du détroit de Bab el-Mandeb.

« Trajectoire d'escalade »

L'offensive des rebelles « a réduit à néant une grande partie de ce qu'il restait du fragile cessez-le-feu au Yémen », commente pour l'AFP Adam Baron, du groupe de réflexion New America, basé à Washington. « Les choses semblent de plus en plus suivre une trajectoire d'escalade, avec peu de possibilités de désamorçage », estime-t-il. « Si les houthis ont l'occasion de prendre pleinement le contrôle de Bab el-Mandeb, ils n'hésiteront pas une seconde », analyse Farea Al-Muslimi, chercheur de l'institut Chatham House à Londres.

Le passage, qui permet de relier l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule. Le Yémen est le dernier pays en date à être entraîné dans le conflit régional déclenché par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran fin février. Le cessez-le-feu en vigueur depuis 2022 a volé en éclats en juillet, les Houthis défiant l'hégémonie de Ryad sur l'espace aérien yéménite. Depuis, les rebelles, soutenus de leur côté par la République islamique, multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement.

Ils ont aussi annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers et des infrastructures de son territoire, notamment une raffinerie. La guerre au Yémen, débutée en 2014, a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une grave crise humanitaire.

Des affrontements entre les forces progouvernementales yéménites et les houthis pro-iraniens dans le sud-ouest du Yémen ont fait plus de 300 morts ces derniers jours, poussant sur les routes de nombreuses familles. Dans ce pays pauvre qui a replongé dans la guerre en juillet, sur fond d'embrasement régional, les rebelles ont lancé jeudi une nouvelle offensive visant notamment à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.Des familles ont fui ce week-end les combats, trouvant refuge dans un camp de déplacés de la région de Taëz. Des journalistes de l'AFP ont vu des habitants arriver dans des pick-up chargés de couvertures et d'autres affaires, et installer des abris dans la brousse, exposés au soleil et à la chaleur. « Nous avons fui avec nos enfants sans même mettre nos...