Un pan entier du village de Taybé au Liban-Sud détruit par un dynamitage israélien massif, sur cette photo prise le 2 septembre 2026. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Trois personnes ont été emmenées de force par l'armée israélienne en dehors de Halta, dans le secteur est de la bande frontalière au Liban-Sud, après une opération qui avait commencé à l'aube, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah.
À l'aube, une unité de l'armée israélienne a pénétré dans ce hameau frontalier du caza de Hasbaya, situé dans la « zone tampon » occupée mais toujours habité par une population majoritairement sunnite. Elle a encerclé plusieurs habitations, après avoir pris contact avec le moukhtar du village et un membre du conseil municipal. Les habitants ont été empêchés de quitter leur domicile, à travers des messages diffusés par les Israéliens. Les militaires ont ensuite perquisitionné plusieurs maisons et emmené environ 15 personnes, selon le président de la municipalité de Kfarchouba (dont relève Halta), Kassem al-Qadri, joint par notre correspondant. Parmi les personnes enlevées se trouvait Hatem Abdel Aal, un membre du conseil municipal. Parallèlement à ces perquisitions, l'artillerie israélienne a visé à plusieurs reprises les hauteurs du village, également ciblées par des tirs de mitrailleuse. À l'issue de plusieurs heures d'interrogatoires et de perquisitions, les forces israéliennes ont emmené de force, vers une destination inconnue, trois des habitants qui avaient été arrêtés et en ont relâché une douzaine d'autres. On ignore pour l'heure le sort du conseiller municipal.
Des obus ont également été tirés en direction de la périphérie de la localité voisine de Kfarchouba, où des véhicules militaires israéliens ont été aperçus en contrebas de la position israélienne de Ramtha, sur les hauteurs contestées surplombant le village. En mars 2026, plusieurs maisons du village avaient déjà été fouillées par les forces israéliennes. Située au sein de la « zone tampon », qui s’étend sur plus de 600 km² de territoire libanais occupés par Israël, le hameau fermier de Halta dépend administrativement de la municipalité de Kfarchouba, également visée par le passé par des enlèvements réguliers menés par les troupes israéliennes.
Ailleurs dans le Sud, l’artillerie israélienne a tiré cinq obus en direction du lit du fleuve Litani, dans le secteur du pont de Khardali, visant une zone située à l’ouest de Deir Mimas et à l’est du château de Beaufort, dans le secteur est. Dans la même région, l’armée israélienne a procédé à une explosion contrôlée dans les environs de Deir Seriane (Marjeyoun), simultanément à des tirs d’artillerie, ainsi qu'à Qantara. Au niveau de Mansouri, village coupé en deux par la « Ligne jaune » au sud de Tyr dans le secteur ouest, des tirs d'artillerie et des largages de grenades assourdissantes ont été signalés, selon notre correspondant.
Par ailleurs, dans la nuit, d’intenses tirs d’artillerie avaient notamment visé les collines de Ali Taher, Dohat Kfarremmane et la zone de Dabché, dans le caza de Nabatiyé. Dohat Kfarremmane a de nouveau été bombardée par l'artillerie israélienne plus tard dans la nuit. Dans cette zone, l'armée israélienne encercle la crête stratégique de Ali Taher, dans laquelle se trouverait une base militaire du Hezbollah et des combattants. Non loin, elle a également effectué trois importantes opérations de dynamitage à Kfartebnit, du côté d’Arnoun. Dans le caza de Marjeyoun, cinq obus ont frappé Qantara et six autres Wadi Houjeir, de nouveau pris pour cible après minuit. Par ailleurs, des tirs de ratissage à la mitrailleuse ont été effectués en direction de Zaoutar el-Charqiyé, dans le caza de Nabatiyé, ainsi que de Srebbine, dans celui de Bint Jbeil.


