Un homme regarde des engins lourds, des secouristes et des habitants fouiller le site d’une frappe aérienne israélienne qui a visé un quartier du village de Deir el-Zahrani, dans le sud du Liban, le 15 août 2026. Photo Abbas Fakih/AFP
Le président libanais, Joseph Aoun, a défendu, une fois de plus, les négociations directes menées avec Israël et salué les propos du chef du Parlement, Nabih Berry, tenus lundi à l'occasion du 48e anniversaire de la disparition de l’imam Moussa Sadr. M. Berry, qui avait notamment rejeté catégoriquement les pourparlers avec l'Etat hébreu, avait toutefois appelé à garantir la paix civile et le respect de l'armée libanaise.
« Les principaux objectifs des négociations ont été définis : épargner au Liban les ravages de la guerre et protéger sa souveraineté, sa stabilité et ses intérêts nationaux », a déclaré Joseph Aoun, qui s'exprimait devant une délégation issue de la Békaa. Il a par ailleurs salué les propos de M. Berry, « notamment son insistance sur les principes fondamentaux de la paix civile, le respect de l’armée et l’Accord de Taëf, considérés comme des lignes rouges – un message adressé à la nation avant même d’être adressé à la communauté internationale ».
Lundi, le président de la Chambre s'était exprimé sur l’avenir du Sud, l’arsenal du Hezbollah, les négociations avec Israël et la capacité de l’État à imposer ses choix souverains. Si Nabih Berry avait érigé l'armée libanaise en ligne rouge, rejetant toute remise en cause de l’institution militaire ou toute tentative d’en minimiser le rôle, il avait par ailleurs critiqué les négociations avec l'Etat hébreu, menées « sous le feu », et par là-même le chef de l'Etat.
« La capacité du Liban à relever les défis qui se présentent à lui ne peut être atteinte que par l’unité nationale et la solidarité interne », a déclaré Joseph Aoun. Il a par ailleurs souligné son ouverture à « toute option et voie susceptible de contribuer à la réalisation de ces objectifs, car la priorité est la protection du Liban et de son peuple ». Et d'ajouter : « Le Liban a de nombreuses opportunités devant lui, et l’important est de ne pas les gâcher par des calculs étroits, mais de tirer les leçons du passé afin de bâtir un avenir meilleur. »
Les évêques maronites appellent à la mise en place d'une force qui remplacera la Finul
De leur côté, les évêques maronites ont abordé, mercredi, la situation au Liban-Sud lors de leur réunion mensuelle à Dimane, en présence du patriarche Béchara Raï.
Les évêques suivent en outre la question du retrait progressif de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) du Sud. « Ils appellent à un accord sur une force de remplacement, internationale ou multinationale, dotée d’un mandat opérationnel solide qui permette au Liban de reprendre le contrôle de son territoire jusqu’à la frontière internationale par l’intermédiaire de ses forces armées légitimes », poursuit le texte.
Le mandat des Casques bleus arrive à expiration le 31 décembre 2026. Le président Joseph Aoun, réclame une prorogation de la présence de la Finul, en raison des attaques israéliennes persistantes dans le Sud. A défaut, le déploiement d'une force internationale alternative pourrait être envisagé. Cette question a fait l'objet d'un entretien dans la journée entre M. Aoun et le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi.
Les évêques maronites ont par ailleurs exprimé « leurs profonds regrets et réitéré leur condamnation des opérations militaires israéliennes ciblant des villages, des bourgs et des villes du Liban-Sud ». Ils ont appelé « la communauté internationale à mettre un terme définitif à ces opérations », tout en demandant le respect de l' « accord-cadre », signé le 26 juin par le Liban et Israël et qui prévoit un déploiement militaire dans des « zones pilotes », qui doivent être débarrassées de toute infrastructure du parti-milice.


