Le président libanais, Joseph Aoun, lors d'une réunion avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsokakis, à Athènes, le 31 août 2026. Photo REUTERS / Alkis Konstantinidis
Le président libanais, Joseph Aoun, a exhorté, mardi, à l’occasion de la commémoration de la proclamation du Grand Liban il y a 106 ans, toutes les composantes libanaises à « revenir à l'Etat », alors que les autorités se sont engagées à récupérer le monopole des armes, après deux guerres en trois ans entre le Hezbollah et Israël.
Dans un message sur X, le chef de l'Etat a affirmé que « malgré les difficultés et les conflits, le Liban a continué d’exister et revient jouer son rôle parmi les nations ». Il a estimé que le « pari » des autorités est aujourd'hui de « mettre fin aux guerres, préserver la souveraineté et s’engager sur la voie de la construction de l’État et de ses institutions, ainsi qu’à relancer l’économie et l’activité. Pour lui, « cela ne peut se réaliser qu’à travers le retour de tous à l’État, qui est l’unique référence pour tous les Libanais, unis par le Pacte national comme principe fédérateur, garantissant la diversité dans l’unité. »
M. Aoun a encore rappelé que la création du Grand Liban, « avait permis de concrétiser l’idée libanaise à travers la création d’une entité politique rassemblant les différentes composantes libanaises, consacrant dans la Constitution un État porteur d’une mission. »
M. Aoun multiplie les appels ces derniers jours au Hezbollah, qui refuse de remettre ses armes à l'Etat tant que l'armée israélienne continue d'occuper, sur environ 620 km2, le Liban-Sud, et de mener des attaques quotidiennes et démolitions systématiques dans la zone occupée. Israël refuse, lui, de se retirer tant que le parti-milice n'a pas désarmé. Les Etats-Unis, qui parrainent les négociations directes entre Beyrouth et Tel-Aviv, ont quant à eux insisté depuis la semaine dernière sur le fait que le Hezbollah doit se dire prêt à rendre son arsenal avant que Washington ne « tente de rapprocher les points de vue ».
Jeudi dernier, Joseph Aoun avait évoqué dans un discours un « conflit interne » actuellement en cours au Liban entre ceux qui veulent voir l'Etat se redresser et les institutions fonctionner et ceux qui veulent « profiter de l'absence de l'Etat ».
L'Etat du Grand Liban avait été proclamé le 1er septembre 1920, avec des frontières qui s'étendaient au-delà du Mont-Liban pour recouvrir le territoire qui compose le Liban actuel, jusqu'à Tripoli et au Akkar dans le Nord, la région de Tyr au Sud ainsi que la vallée de la Békaa à l'est. La proclamation avait été faite par le général Henri Gouraud, représentant l'autorité française mandataire sur la Syrie, du haut des marches de la résidence des Pins à Beyrouth. Ce n'est ensuite que le 22 novembre 1943 que le Liban sera déclaré indépendant, après avoir été sous mandat français à la suite de la chute de l'empire ottoman avec la fin de la Première Guerre mondiale en 1918.


