Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis (à gauche) serre la main du président libanais Joseph Aoun avant leur rencontre au palais Maximos à Athènes, le 31 août 2026. Photo Angelos TZORTZINIS/AFP
Le président libanais, Joseph Aoun, a appelé lundi la Grèce à « contribuer à la mise en œuvre de l’accord-cadre » signé fin juin entre le Liban et Israël, qui doit être appliqué « sans sélectivité », lors d'une réunion à Athènes avec son homologue Konstantinos Tasoulas.
Lors de cette réunion, M. Aoun, qui était arrivé dans la matinée en Grèce, a insisté sur le fait que l'accord-cadre, conclu sous l'égide des Etats-Unis, doit être « pleinement appliqué par les deux parties, sans sélectivité ». « Nous demandons à la Grèce d’apporter son aide, dans la mesure du possible, afin de garantir la mise en œuvre » des dispositions du texte, a indiqué M. Aoun, selon une publication de la présidence sur X.
الرئيس جوزاف عون بعد لقائه نظيره اليوناني كونستانتينوس تاسولاس:
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) August 31, 2026
- نشكر اليونان على حفاوة الاستقبال ودعمها الدائم للبنان سياسيًا وإنسانيًا وعسكريًا.
- نسعى إلى تطوير العلاقات بين البلدين على مختلف الصعد، بما يخدم مصالحهما المشتركة.
- استقرار لبنان ضروري لاستقرار المنطقة…
L’objectif de ce cadre est le retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, en échange du désarmement du Hezbollah. Mais Tel-Aviv n'a pas encore annoncé de retrait et son ministre de la Défense, Israel Katz, a affirmé que ses troupes resteraient au Liban, tandis que le désarmement bute sur le refus total du parti-milice soutenu par l'Iran de rendre son arsenal. Samedi soir, la diplomatie américaine avait indiqué qu'elle serait prête à « tenter de rapprocher les points de vue » lorsque le Hezbollah déclarerait être prêt à désarmer. Le dernier cycle de négociations directes entre le Liban et Israël, qui s’est tenu début août à Rome, n’a pas permis d’avancer sur la question des futures « zones pilotes » sur base desquelles doit avoir lieu le retrait et le désarmement, avec un déploiement de l'armée libanaise, ni sur l’arrêt des attaques israéliennes contre le Liban. Aucune date n’a encore été fixée pour la prochaine session, les discussions étant notamment bloquées sur la question des pays devant participer à une force internationale chargée de superviser le processus de désarmement.
« La stabilité du Liban est essentielle à celle de la région et de l’Europe, et toute agitation au Liban aurait de larges répercussions négatives », a ajouté Joseph Aoun, dans une mise en garde régulièrement brandie par les responsables libanais dans leurs discussions avec les pays européens. Beyrouth agite la crainte de répercussions négatives pour ces pays en cas de conflit au Liban, notamment sous la forme d’un afflux potentiel de réfugiés en provenance de la région. « Le Liban et son peuple sont fatigués des guerres… Il est temps pour le Liban de connaître un répit, et nous sommes déterminés à mettre fin à l’état d’hostilité. La solution réside dans la diplomatie, pas dans la guerre », a encore lancé le chef de l'État.
Le président a par ailleurs remercié la Grèce pour son « accueil chaleureux et son soutien continu au Liban sur les plans politique, humanitaire et militaire », deux jours après que l’armée libanaise a annoncé avoir reçu un second lot d’aide militaire grecque. Ces aides consistent en 13 véhicules blindés de transport de troupes M113 et 10 camions, sept mois après la réception du premier lot. L’armée libanaise est responsable du désarmement dans les « zones pilotes » prévues par l’accord. Il a également évoqué les aides militaires à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. À l’issue de cette réunion, il a dit espérer que la Grèce continuerait à soutenir l’armée libanaise.
Deux crises interdépendantes
« Je compte sur votre soutien continu à l’armée libanaise et à nos forces armées officielles, auxquelles nous avons confié la mission de sortir le Liban de ses deux crises interdépendantes et anciennes : la crise de l’occupation d’une partie de notre territoire et celle des armes présentes en dehors de l’autorité de l’État, qui perdure depuis des décennies », a encore déclaré M. Aoun. « Nous avons désormais établi que la seule solution possible consiste à traiter ces deux problèmes simultanément, concomitamment et en parallèle : un retrait complet des forces d’occupation et le contrôle exclusif de l’ensemble de notre territoire par nos forces armées. » Parallèlement à l’absence d’avancées dans les négociations, les démolitions et attaques de l’armée israélienne se sont intensifiées dans le sud du Liban ces derniers jours. Les craintes d’une nouvelle escalade augmentent, alors que, selon certaines informations, Israël attendrait le feu vert des États-Unis pour lancer une offensive contre les collines stratégiques de Ali Taher, où opéreraient des combattants du Hezbollah.
Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait « sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban ». « La Grèce, en tant qu'ami traditionnel à la fois du Liban et du monde arabe, et en même temps partenaire stratégique d'Israël, est prête à soutenir tout effort de désescalade et de compréhension mutuelle », a-t-il insisté.
La Grèce entretient historiquement de bonnes relations avec les pays arabes, en développant parallèlement ces dernières années une coopération étroite avec l'Israël en matière de sécurité et de défense. La visite de M. Aoun en Grèce a d'ailleurs eu lieu alors qu'Israël a annoncé la signature lundi avec Athènes d'un contrat d'armement d'une valeur d'environ trois milliards d'euros pour l'exportation d'un système de défense antiaérienne.



Israel ne quittera pas le Sud - Liban avant le desarmement du Hezbollah et ce dernier "promet" de desarmer, uniquement si Israel quitte la region au prealable (...) Pour rappel, le Hezbollah a ete le seul parti a ne pas remettre ses armes en 1989, suite aux accords de Taef. Depuis, il bombarde de roquettes et autres missiles, le nord d'Israel et notamment la ville de Kyriat Shmona et ses environs. Une region qui est peuplee quasiment a moitie d'arabes israeliens, ce qui n'empeche nullement le parti de Dieu de tirer sur d'autres Musulmans !
15 h 33, le 31 août 2026