La mosquée Mohammad el-Amine dans le centre-ville de Beyrouth, le 24 juin 2026. Photo Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour
La liste appuyée par Fouad Makhzoumi, député indépendant de Beyrouth, a remporté une large victoire aux élections de l’Union des associations des familles beyrouthines, battant la liste soutenue par le courant du Futur, dans un revers pour le parti dirigé par Saad Hariri, longtemps considéré comme la force dominante de la communauté sunnite, notamment à Beyrouth.
L'Union des familles, créée en 1998, en pleine période d’influence de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, fondateur du courant du Futur, assassiné en 2005, est traditionnellement proche de ses successeurs, d’où la surprise provoquée par les résultats. Rassemblant, comme son nom l’indique, les principales familles sunnites de la capitale, elle tient un rôle social, humanitaire et médical auprès de la communauté, tout comme une responsabilité dans la défense du patrimoine culturel et de l’histoire de la population, lit-on sur son site.
Dans les détails, la liste appuyée par Fouad Makhzoumi a remporté 11 sièges sur 18, dont les quatre premiers gagnants en termes de voix. Les candidats victorieux de cette liste, selon le site de la chaîne al-Jadeed, sont Jamil Hout, Nader Chaar, Ziad Dandan, Bassem Naamani, Haytham Yassine, Abdel Razzak Fayed, Mariya Adada, Naji Khayat, Walid Kebbé, Marouan Safah et Khaled Karak. Les vainqueurs de la liste du Futur sont notamment Mounir Hafi, Rami Itani, Hassan Barbour, Walid Dimachkiyé, Nada Yammout et Sami Bleik. Il est prévu que le nouveau comité se réunisse lundi pour élire son président.
Ces résultats marquent donc un tournant au niveau de la représentation de la communauté sunnite dans la capitale, alors même que le leader du Futur, l’ancien Premier ministre Saad Hariri, se trouve hors du pays depuis plus de quatre ans et que le Futur ne s'était pas présenté aux législatives de 2022. S'il a promis à quelques reprises depuis son retour sur la scène politique, notamment lors des commémorations annuelles de l'assassinat en février 2005 de son père, cela ne s'est pas matérialisé. Fouad Makhzoumi, pour sa part, affiche sa volonté de prendre plus d’espace sur la scène locale, comme lorsqu’il a pu fédérer une majorité de députés sunnites au lendemain des attaques israéliennes meurtrières du 8 avril 2026 à Beyrouth, en faveur d’une capitale démilitarisée et sécurisée, donc débarrassée de l’influence du Hezbollah, accusé d’avoir provoqué la guerre israélienne au Liban.
Après l'annonce des résultats des élections parmi les familles beyrouthines, M. Makhzoumi a publié un court message sur X pour « féliciter Beyrouth » à l’occasion du scrutin. Tout comme l’a fait Saad Hariri lui-même, exprimant aussi sur son compte X ses félicitations à « l’Union des associations de familles beyrouthines pour son nouveau comité administratif », et saluant « l’esprit de compétition démocratique » des Beyrouthins.
Le Premier ministre Nawaf Salam, lui aussi originaire de Beyrouth, a pour sa part félicité le nouveau conseil d’administration. « Beyrouth a besoin aujourd’hui, plus que jamais, de chaque main qui œuvre pour elle, et de chaque initiative qui redonne confiance à ses habitants, préserve son patrimoine et renforce la vie en son sein », a-t-il dit.
Les réactions qui soulignent ce changement se multiplient dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux. Le site d'informations est allé jusqu'à l'appeler « un séisme beyrouthin ». Le site « Adawla » a estimé que « c’est la fin d’une ère », alors que le journaliste Mohammad Barakat critique du Hezbollah a souligné sur X : « Beyrouth est en train de changer et ne s’identifie plus à Saad Hariri : première défaite claire à l’intérieur même du corps sunnite beyrouthin, et de l’Union créée par la famille Hariri. » Tout en notant qu’il s’agit de la première défaite du courant du futur aux élections de l'Union des familles, le journaliste Rami Naim, lui aussi hostile au Hezbollah, estime que c'est un signe du « recul du haririsme dans la rue sunnite en général et beyrouthine en particulier ».

Cela démontre que le peuple cherche un changement radical de politique. Le message est clair: Fini les compromissions! Fini les jeux politiques foireux et les positions mièvres sans couleurs, sans odeurs et sans saveurs! Les Libanais, en général, et les Sunnites, en particulier, ont besoin de représentants patriotes Libanais qui feront passer les intérêts du Liban et de son peuple dans son entièreté avant ceux des étrangers. Si Mr. Makhzoumi y fait, il a tout a gagner. Dans le cas contraire il finira comme tous ses prédécesseurs déshonoré et sali tout comme Karamé ou Hariri fils.
09 h 58, le 01 septembre 2026