Le ciel grisâtre d’Achrafieh (Beyrouth), le 22 août 2023. A l'époque, le phénomène était causé par un anticyclone, c'est-à-dire une chaleur extrême et un taux d'évaporation élevé. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
En plein été, fin août, l’annonce faite par Météo-Liban est peu banale dans le contexte du Liban et de la Méditerranée orientale : une masse d’air froid venue de Mer noire puis de Turquie devrait transformer, le temps d’un week-end, le climat estival libanais en mini-hiver, avec une prévision de fortes pluies – possiblement de la grêle. La dépression atmosphérique se ferait ressentir au début vers le nord, avant de gagner le reste du territoire, explique Jocelyne Abou Farès, chef de la division des prévisions météorologiques à Météo-Liban.
Selon l’experte, une masse d’air froid est en route vers le Liban et le reste de la Méditerranée orientale, en provenance de Mer noire et de Turquie. « Vu que l’air est très chaud chez nous en cette fin d’août, et que la température de la mer est élevée, la rencontre entre cet air chaud et la masse d’air froid devrait provoquer l’apparition de nuages porteurs de pluies et d’orages, ce qui expliquerait l’abondance des précipitations qui nous attendent ce week-end », poursuit-elle.
Selon Jocelyne Abou Farès, ce phénomène très inhabituel serait ressenti en premier lieu au nord du pays, vers la mi-journée samedi, avant de gagner le reste du territoire, littoral et Békaa inclus. Le pic surviendrait dans la tranche horaire entre le samedi soir et le dimanche matin. L’épisode devrait se terminer dimanche soir, et le Liban retrouverait en principe son temps estival lundi matin.
Les pluies abondantes attendues devraient également s’accompagner d’une baisse des températures, notamment dimanche matin : celles-ci tomberaient à un maximum de 29 degrés à Beyrouth, 28 degrés vers le nord, et 22 degrés pour des altitudes de 1000 mètres, selon Météo-Liban. Une chute de 5 à 6 degrés est prévue dans la nuit de samedi à dimanche.
En revanche, les vents ne seraient pas particulièrement forts, et ne dépasseraient pas les 50 à 60 km/h.
Faire attention sur les routes
De telles intempéries inattendues ne manqueront pas d’entraîner une série de mesures de précaution à prendre impérativement. Jocelyne Abou Farès met surtout en garde les automobilistes contre l’abondance d’eau sur les routes et les risques qui y sont liés, sur le littoral comme en montagne. Elle appelle donc à la prudence au volant.
La possibilité de chute de grêle devrait inciter les agriculteurs à la prévention, en raison des dégâts que cela pourrait occasionner pour les récoltes. Elle leur recommande donc de faire le nécessaire pour couvrir les récoltes, quand cela est possible.
Étant donné que l’on est toujours en août, des directives contre la baignade en mer s’imposent, en raison des risques de noyade. Des vagues d’un mètre et demi à deux mètres sont attendues dimanche matin, selon l’experte.
Des pluies inhabituelles avaient déjà arrosé certaines parties du Liban en juillet. La dépression atmosphérique annoncée par Météo-Liban pour le week-end de fin août devrait cependant rappeler les conditions météorologiques qui ne surviennent d’habitude qu’à partir d’octobre. Comme le Liban est régulièrement confronté à des inondations de routes lors des premières pluies, il pourrait donc y faire face, exceptionnellement, dès cet été.

