Cette photo montre les forces de sécurité de Damas lors de leur bref déploiement dans la ville de Soueida, bastion à majorité druze du sud de la Syrie, peu avant le cessez-le-feu conclu le 16 juillet 2025 entre le gouvernement intérimaire et les factions druzes. Photo d'archives Bakr al-Kasem/AFP
Les autorités syriennes ont accusé samedi des groupes armés druzes dans le sud de la Syrie d'empêcher des élèves de se rendre à leurs examens, les combattants exigeant que ceux-ci soient organisés dans des zones qu'ils contrôlent.
Des factions druzes tiennent de fait la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province éponyme - où cette minorité religieuse issue du chiisme vit en grand nombre - malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité. Il s'agit d'une des dernières zones du pays échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis le renversement du président Bachar el-Assad fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre. Des examens du secondaire étaient organisés samedi dans le nord de la province, zone contrôlée par le gouvernement.
« Des groupes hors-la-loi empêchent les étudiants de quitter la ville pour rejoindre les centres d'examen », a déclaré le gouverneur de Soueïda, Moustafa al-Bakkour, à la télévision d'Etat. Une élève de 18 ans a raconté à l'AFP qu'elle était en route à bord d'un bus vers son centre d'examen lorsqu' « un groupe armé est arrivé ». « Certains membres de ces factions ont tiré des coups de feu en l'air pour effrayer les étudiants », après que ceux-ci eurent insisté pour aller passer leur examen, a-t-elle ajouté, sous couvert d'anonymat.
Vendredi, des combattants druzes du village de Chahba, au nord de la ville de Soueïda, avaient prévenu qu'ils bloqueraient « complètement » les routes pour empêcher élèves et surveillants de se rendre dans les centres d'examen situés en dehors des secteurs qu'ils contrôlent.
Invoquant des inquiétudes au sujet de leur sécurité, ils réclamaient la tenue des examens dans les secteurs qu'ils tiennent. Les autorités syriennes avaient organisé la session de samedi pour les élèves empêchés de la passer en juin en raison des tensions persistantes entre le gouvernement et certaines des factions druzes.
La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements sanglants entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins. Ces violences à caractère confessionnel, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits humains (OSDH). D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes. Damas a annoncé en juillet avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces violences.


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