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Politique - Liban-Syrie

Békaa ou Mansouriyé ? Ce que l’on sait de l’arrestation du principal suspect du massacre de Banias en 2013

Plusieurs versions contradictoires circulent autour de l’interpellation de Mihrac Ural, après sa remise jeudi aux autorités syriennes.

Békaa ou Mansouriyé ? Ce que l’on sait de l’arrestation du principal suspect du massacre de Banias en 2013

Capture d'écran de l’annonce de l’arrestation de Mihrac Ural, publiée sur X par le ministère syrien de l’Intérieur. Photo X/@syrianmoi

Qui a arrêté Mihrac Ural, alias « Ali Kayali », ancien officier d’une milice pro-Assad accusé d’être le principal responsable du massacre de Banias en 2013, l’un des pires de la guerre civile syrienne ?

Selon l’agence officielle syrienne SANA, Ural a été arrêté « à la frontière » syrienne, sans plus de précision, alors qu’il tentait de fuir la Syrie. Une source sécuritaire syrienne a cependant confirmé à l’AFP que Mihrac Ural a bien été « appréhendé au Liban lors d’une opération sécuritaire coordonnée avec la partie libanaise », sans détails supplémentaires.

Des médias libanais rapportent que le suspect aurait été interpellé dans le Metn, à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière syrienne la plus proche. Selon cette version, des inconnus auraient fait irruption au domicile d’Ural, qui se serait caché avec sa famille à Mansouriyé, avant de ligoter son épouse et son fils et de l’emmener vers une destination inconnue. Joints par notre publication, les Forces de sécurité intérieure (FSI) et la Sûreté générale indiquent ne pas être en mesure de confirmer l’une ou l’autre de ces versions.

À Mansouriyé ou dans la Békaa ?

Plusieurs riverains ont toutefois affirmé vendredi à L’Orient-Le Jour qu’une arrestation aurait bien eu lieu jeudi dans un immeuble de Mansouriyé, du côté de la localité de Daychouniyé. « Des gens sont venus prendre un ancien membre du régime syrien, puis il a disparu. Nous n’en savons pas plus », assure un habitant. Contactée, la municipalité de Mansouriyé n’était pas disponible pour confirmer ces informations, tandis que la police locale a répondu qu’elle ne pouvait pas faire de commentaires.

Au milieu de ces récits contradictoires, une source sécuritaire a affirmé au média al-Modon que l’arrestation avait en fait eu lieu dans la Békaa, à la suite d’une « dénonciation signalant la présence d’Ural dans la région frontalière ». D’après cette source, le suspect ne tentait pas de fuir mais voulait « coordonner ses activités avec un groupe d’officiers présents dans le secteur ».

Damas et Ankara se félicitent

Une chose est sûre : Mihrac Ural a bien été transféré en Syrie après son interpellation. L’individu a été affiché en tenue de prisonnier à rayures sur une publication du ministère syrien de l’Intérieur. « Le criminel Mihrac Ural se trouve désormais là où il devait être, à la suite de son arrestation hier jeudi », s’est réjoui le ministre de l’Intérieur, Anas Khattab sur X. « J’adresse mes félicitations à nos compatriotes de Banias, de Bayda et de Ras el-Nabaa, ainsi qu’à l’ensemble du peuple syrien et à nos frères en Turquie » , a-t-il précisé.

Selon SANA, l’ambassadeur de Turquie en Syrie, Nuh Yilmaz, a salué une « opération conjointe menée par les services de renseignement syriens et l’Organisation nationale du renseignement turc, qui a abouti à l’arrestation de Ali Kayali ».

Depuis la chute du régime Assad, le 8 décembre 2024, Beyrouth et Damas tentent d’écrire une nouvelle page de leur histoire commune mouvementée. Une série de réunions conjointes et de visites de délégations de plus au moins haut rang ont été concrétisées dans la signature, notamment d’un accord judiciaire et la promesse de relance d’un comité conjoint libano-syrien réinventé.

Ces derniers mois, les autorités libanaises ont arrêté un petit-cousin de Bachar el-Assad, et plus tôt un ancien officier des services de renseignement syriens, ainsi que plusieurs complices qui auraient planifié des attaques contre les forces du nouveau gouvernement syrien. En août, Beyrouth a extradé vers Damas un ancien général de l’ère Assad, accusé de crimes, notamment de meurtre et de torture. La BBC a toutefois obtenu des informations la semaine dernière selon lesquelles un proche conseiller d’Assad, Bassam el-Hassan, serait toujours au Liban, et resterait sous la protection du FBI et des autorités libanaises.

Qui a arrêté Mihrac Ural, alias « Ali Kayali », ancien officier d’une milice pro-Assad accusé d’être le principal responsable du massacre de Banias en 2013, l’un des pires de la guerre civile syrienne ? Selon l’agence officielle syrienne SANA, Ural a été arrêté « à la frontière » syrienne, sans plus de précision, alors qu’il tentait de fuir la Syrie. Une source sécuritaire syrienne a cependant confirmé à l’AFP que Mihrac Ural a bien été « appréhendé au Liban lors d’une opération sécuritaire coordonnée avec la partie libanaise », sans détails supplémentaires.Des médias libanais rapportent que le suspect aurait été interpellé dans le Metn, à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière syrienne la plus proche. Selon cette version, des inconnus auraient fait irruption au domicile...
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