Le siège de la banque Misr au Caire, le 9 février 2023. Photo d'archives Amir MAKAR/AFP
Le gouvernement américain va interdire l'accès au système financier de la première économie mondiale à la branche émiratie de la banque publique égyptienne Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec l'Iran, selon un communiqué publié vendredi par le département du Trésor.
Il s'agit de la première action concrète prise par le gouvernement américain depuis l'annonce en début de semaine, par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, de la volonté de couper Téhéran de « toutes les ressources économiques » afin de conduire l'Iran à « l'isolement total ». Concrètement, cela devrait empêcher la filiale émiratie de Misr, qui est la deuxième plus grande banque égyptienne, d'utiliser le dollar dans ses transactions quotidiennes.
Une décision qui intervient alors que Washington a renforcé son train de sanction contre l'Iran, en y ajoutant notamment des secteurs tels que l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime. « Nous avons prévenu que ceux qui faciliteraient les choses pour l'Iran ne peuvent pas continuer à profiter de l'accès au dollar et au système financier mondial. La Banque Misr EAU a choisi de le découvrir dans la douleur et aujourd'hui nous prenons la première décision visant à la tenir pour responsable de son soutien continu au régime iranien », a déclaré dans un communiqué M. Bessent.
Le sujet de la pression économique sur l'Iran sera par ailleurs au menu du prochain sommet du G20, qui aura lieu à Miami mi-décembre. La première d'une série de réunions sur le sol américain se tiendra lundi et mardi à Asheville (Caroline du Nord), dans un grand complexe hôtelier au pied des Appalaches. Jeudi, un responsable du Trésor a indiqué à la presse que M. Bessent allait marteler son message contre l'Iran lors de chacun des entretiens bilatéraux à Asheville. Bien que la République islamique ait dénoncé des politiques « vouées à l'échec », et assuré que les Etats-Unis n'obtiendront « rien » avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a lui-même reconnu que son pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques ».
Au cœur du conflit, le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre. L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit.

