Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Moyen-Orient

Le Premier ministre du Qatar, médiateur dans le conflit, attendu à Téhéran


Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani s'exprime lors d'une conférence de presse à Doha le 9 septembre 2025, après les frappes israéliennes. Photo Karim JAAFAR / AFP

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, est attendu à Téhéran jeudi pour discuter d'Ormuz et tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Cette visite du Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani portera notamment sur « la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz » et la « nécessité de revenir au statu quo antérieur » au début de la guerre dans cette voie stratégique, a écrit sur X le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.

L'Iran verrouille le détroit d'Ormuz par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, en représailles à l'attaque israélo-américaine sur son sol fin février, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre. Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du détroit. En début de semaine, l'Iran et Oman, tous deux riverains d'Ormuz, qui négocient depuis des semaines les futures modalités de passage dans le détroit, ont dit discuter d'un accord-cadre établissant un « couloir temporaire » et prévoyant une opération de déminage. Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de « faciliter » la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre. Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO. Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à des concessions de Washington et à l'arrêt des opérations militaires.

Réduction des quotas d'essence

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, misent sur les difficultés économiques qui s'accumulent dans un Iran soumis depuis des décennies à des sanctions internationales. Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions sur l'Iran et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait dénoncé des politiques « vouées à l'échec », et assuré que les Etats-Unis n'obtiendront « rien » avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a lui-même reconnu que son pays faisait face à « de nombreuses difficultés économiques ». Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran. Le gouvernement a annoncé un plan prévoyant une rare réduction des quotas d'essence, en vigueur depuis des années, sans pour autant en changer le prix pour qui respecterait ces quotas, un sujet sensible pour de nombreux Iraniens. En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, notamment Téhéran, faisant des dizaines de morts. Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde. Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, est attendu à Téhéran jeudi pour discuter d'Ormuz et tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.Cette visite du Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani portera notamment sur « la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz » et la « nécessité de revenir au statu quo antérieur » au début de la guerre dans cette voie stratégique, a écrit sur X le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.L'Iran verrouille le détroit d'Ormuz par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, en représailles à l'attaque israélo-américaine sur son sol fin février, et exclut tout retour à la situation...