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Politique - Liban-Sud

Une femme tuée et six personnes blessées dans des raids israéliens sur Arabsalim

Des attaques ont été signalées dans plusieurs secteurs sur le bord, voire au-delà, de la « zone tampon » occupée ; l'armée libanaise se positionne à Touline.

Une femme tuée et six personnes blessées dans des raids israéliens sur Arabsalim

De la fumée après une frappe israélienne sur Arabsalim, au Liban-Sud, le 27 août 2026. Photo relayée par notre correspondant Mountasser Abdallah

Israël a bombardé jeudi en début d'après-midi le village de Arabsalim, dans le nord du caza de Nabatiyé, hors de la zone occupée par Israël au Liban-Sud, tuant une femme et blessant six personnes, parmi lesquelles une mère et sa fille, selon un bilan du ministère de la Santé. Une attaque sans avertissement sur une localité qui n'a pas été évacuée par ses habitants, survenue après que l'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir lancé « deux drones piégés » en direction de ses troupes, dans la nuit, sur la colline de Ali Taher, que les Israéliens encerclent et dans laquelle se trouverait une base du parti chiite et des miliciens.

Le centre du village a été bombardé à plusieurs reprises et plusieurs maisons ont été totalement détruites, selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Arabsalim est situé à environ sept kilomètres au nord du point le plus proche de la « Ligne jaune » qui définit la zone tampon occupée par Israël. Des frappes de drone ont également visé Nabatiyé el-Faouqa.

Peu avant, l'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré, dans la nuit de mercredi à jeudi, deux « drones piégés » en direction de ses troupes opérant « dans le secteur des hauteurs de Ali Taher ». L'un des appareils a été abattu et le contact avec le second a été perdu, selon un message sur X de la porte-parole arabophone militaire le Lieutenant-colonel Ella Waweya, qui précise qu'aucun soldat n'a été blessé. L'armée « ne permettra pas au Hezbollah d’opérer contre ses forces dans la zone de sécurité », a-t-elle ajouté, en allusion à la « zone tampon » établie unilatéralement par Israël sur plus de 620 km2 du territoire libanais. Plus tôt, le chef d'état-major israélien, le général Eyal Zamir, avait affirmé que l'armée préparait « des plans d'opération sur tous les fronts, de l'Iran au Liban et jusqu'à Gaza, et nous nous trouvons en état d'alerte élevé face à un risque d'embrasement multi-fronts ».

La dernière fois que les Israéliens ont accusé le Hezbollah d'avoir lancé un drone dans la même zone, le 15 août, l'armée israélienne avait riposté en lançant des frappes israéliennes sur des villages au nord du fleuve Litani, Ansar et Deir Zahrani, qui avaient tué 11 personnes, dont des enfants. Ces bombardements visaient, selon l'armée, des commandants de l'unité Badr et de la force d'élite al-Radwan du parti chiite.

Raids puissants et phosphore blanc à Ali Taher

Cette nouvelle escalade s'est poursuivie en fin d'après-midi. L'aviation israélienne a en effet mené des raids aériens sur plusieurs villages du Sud, notamment sur Mansouri (Tyr), Baraachit (Bint Jbeil), Nabatiyé el-Faouqa sur le quartier du couvent, ainsi qu'aux abords de Kfar Remmane à proximité de Ali Taher (Nabatiyé). Des drones ont bombardé la zone industrielle de Dohat Kfar Remmane ainsi que Kfar Remmane (Nabatiyé). L'artillerie a de plus lancé quatre obus sur Khiam (Marjeyoun), Wadi Houjeir, Hariss, Haddatha et Rchaf (Bint Jbeil) ainsi que Mansouri, alors que des mouvements de véhicules militaires étaient observés aux abords de Haddatha et en direction de Hariss (Bint Jbeil).

Cette escalade est intervenue alors que dans la matinée, l'aviation israélienne a mené plusieurs raids aériens de grande puissance sur les hauteurs de Ali Taher. Selon notre correspondant, deux missiles à forte charge explosive ont été largués sur ces hauteurs stratégiques, faisant trembler les portes des maisons à Kfar Remmane et Nabatiyé. Des tirs d'artillerie ont en outre visé les abords de Mayfadoun, un autre village du caza de Nabatiyé. Ce village avait déjà été la cible d'un bombardement aérien dans la nuit. Également pendant la nuit, des tirs d'artillerie au phosphore blanc avaient ciblé Dohat Kfar Remmane, en contrebas de Ali Taher.

L'armée libanaise se positionne à Touline

De son côté, l'armée libanaise s'est positionnée à Touline en face des positions israéliennes de Qantara et Wadi Houjeir, dans le cadre du renforcement de son déploiement et de la surveillance de la zone frontalière, selon notre correspondant.

L'armée israélienne a poussé toujours plus loin ses attaques, menant ses tirs et frappes tout au long, voir au-delà, de la « Ligne jaune ». Dans le secteur est, en contrebas du plateau du Golan occupé, deux chars Merkava de l'armée israélienne et plusieurs véhicules militaires ont avancé à la périphérie de Kfarchouba, où des soldats ont hissé un drapeau israélien au niveau du lieu-dit Chamis et tiré à l'arme automatique. Kfarchouba est un village majoritairement sunnite qui est resté habité ces derniers mois malgré l'occupation de plus de 620 km2 du territoire libanais dans le Sud.

Sur les deux autres axes principaux des attaques, celui de Mansouri, sur le littoral au sud de Tyr, l'armée israélienne a notamment dynamité des maisons entre Mansouri et Bouyout el-Siyad, largué des charges explosives et mené une frappe aérienne. Au-delà de la ligne démarquant la zone tampon, un drone a lancé une grenade assourdissante au niveau de la vallée de Ezziyé, à la périphérie de Haniyé, dans le caza de Tyr. La localité de Haniyé est située à environ deux kilomètres au nord-est de Mansouri.

Sur l'autre axe, dans la région de Bint Jbeil dans le secteur central, les forces israéliennes ont tiré à l'arme automatique sur Aïta el-Jabal, fait exploser et incendié des maisons à Haddatha et tiré à l'artillerie sur la périphérie de Baraachit et de Beit Yahoun. À Haris, localité située au nord de Haddatha, à la limite de la « Ligne jaune » et près de laquelle des mouvements de troupes et attaques d'artillerie ont été signalés à plusieurs reprises ces derniers jours, des secouristes de l'association des Scouts de la mission islamique (al-Rissala, affiliée au mouvement Amal), ont pu évacuer une famille qui se trouvait encore dans une maison encerclée par les forces israéliennes. Par ailleurs, des tirs d'artillerie ont visé la vallée de Houjeir, sur le versant qui borde Ghandouriyé, dans le caza de Bint Jbeil et également hors de la zone tampon.

Raï : prévenir toute nouvelle escalade

Mercredi en fin de journée, lors d’une messe à Kfarsghab, dans le caza de Zghorta, le patriarche maronite Béchara Raï a évoqué la situation au Liban-Sud, affirmant que « la priorité reste la protection de la population et la prévention de toute nouvelle escalade, afin que la stabilité puisse revenir dans les villages et les foyers, et que les habitants puissent rester sur leur terre en sécurité et dans la dignité ».

Le dignitaire religieux a également estimé que « les négociations doivent déboucher sur des résultats concrets et s’accompagner d’un véritable sérieux dans leur mise en œuvre, ainsi que du respect des engagements pris ». « Les gens ne jugent plus la situation au nombre de réunions tenues, mais à ce qui est réellement accompli sur le terrain », a-t-il ajouté.

Dans ce cadre, le patriarche a appelé à « une présence pleine et entière sur l’ensemble du territoire national, une décision légitime et claire, ainsi que des institutions capables de protéger les droits et de faire respecter la loi ». « Il est temps de passer de l’échange d’accusations à des décisions concrètes servant l’intérêt national », a-t-il poursuivi, appelant aussi à « des mesures sérieuses pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions et démontrer que la réforme n’est pas un simple slogan ».

Israël a bombardé jeudi en début d'après-midi le village de Arabsalim, dans le nord du caza de Nabatiyé, hors de la zone occupée par Israël au Liban-Sud, tuant une femme et blessant six personnes, parmi lesquelles une mère et sa fille, selon un bilan du ministère de la Santé. Une attaque sans avertissement sur une localité qui n'a pas été évacuée par ses habitants, survenue après que l'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir lancé « deux drones piégés » en direction de ses troupes, dans la nuit, sur la colline de Ali Taher, que les Israéliens encerclent et dans laquelle se trouverait une base du parti chiite et des miliciens.Le centre du village a été bombardé à plusieurs reprises et plusieurs maisons ont été totalement détruites, selon les informations de notre correspondant dans...
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