Photographie judiciaire de l'ancien général syrien Adel Issa, extradé en Syrie le 19 août après son arrestation au Liban. Photo tirée du compte Telegram du ministère syrien de l'Intérieur
Les autorités libanaises ont remis mercredi à Damas un ancien général syrien arrêté début août au Liban, en exécution d'un mandat de Damas qui l'accuse de « meurtres et crimes contre l'humanité », a confirmé le ministère syrien de l'Intérieur.
Adel Issa, qui était à la tête de la 17e division et des forces terrestres à Deir ez-Zor jusqu'en 2016, sous le régime déchu de Bachar el-Assad, a été remis aux autorités syriennes, après la décision prise en début de semaine de l'extrader, a indiqué le ministère sur Telegram. Il avait été arrêté par la justice libanaise « en vertu d’un mandat d’arrêt en présence délivré par le procureur général près la Cour de cassation au Liban et son extradition avait été coordonnée à la demande du procureur général de la République syrienne », rappelle le communiqué. L'ancien général est accusé par Damas de « meurtres prémédités, de facilitation de la commission d’un crime, de meurtre intentionnel de plus de deux personnes, de torture ayant entraîné la mort, ainsi que de faits d’agression visant à provoquer une guerre civile et des affrontements confessionnels. »
L’affaire est actuellement examinée par le quatrième juge de mise en accusation de Damas, en vue de statuer sur son renvoi devant la Cour criminelle de Damas, a annoncé la Syrie.
Une source judiciaire libanaise avait indiqué mardi que la décision d'extradition a été prise dans le cadre d'un accord judiciaire datant de 1951 entre Beyrouth et Damas, repose sur « les exigences légales, les documents et le dossier transmis au Liban par les autorités syriennes », et que le dossier « contient des preuves indiquant qu'Issa a commis des crimes sur le territoire syrien ».
Adel Issa, 67 ans, s'était rendu le 7 août à l'ambassade de Syrie à Beyrouth pour y effectuer des démarches administratives. Après avoir pris connaissance du mandat de Damas, le personnel de l'ambassade avait demandé aux autorités libanaises de l'arrêter.
Depuis la chute de Bachar el-Assad, les autorités syriennes ont arrêté des dizaines de personnes accusées de crimes durant les 13 années de guerre civile dans le pays, et des procès ont commencé en avril.
À l'occasion des premières décisions, le 11 août, la justice a condamné à mort par contumace Bachar al-Assad - qui a fui en Russie - pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité ». Sept anciens responsables militaires et des forces de sécurité - dont un seul comparaissait - ont été condamnés à la même peine.
Le Liban et la Syrie ont exprimé leur détermination à ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations depuis la chute du clan Assad et l'affaiblissement de son allié, le Hezbollah. Sous la férule des Assad, la Syrie a exercé pendant des décennies une tutelle sur son voisin et a été accusée d'y avoir commis de nombreux assassinats. Depuis 2024, des responsables des deux pays se sont rencontrés à plusieurs reprises et sont convenus de coopérer sur un certain nombre de dossiers, notamment en matière de sécurité.



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