Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, reçu par le président irakien Nizar Amidi avant une réunion à Bagdad, le 19 août 2026. Photo Iraq's Presidency / AFP
Le chef négociateur et président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a souligné mercredi à Bagdad l'importance de renforcer « le nouvel ordre » régional, tout en dénonçant « l'ingérence étrangère ». Son déplacement intervient au moment où l'Irak subit des pressions de Washington pour désarmer de puissantes factions armées soutenues par Téhéran.
M. Ghalibaf a affirmé que sa visite de trois jours en Irak visait « à renforcer le nouvel ordre dans la région et à accélérer le renforcement de la coopération entre tous les pays de la région, sans ingérence étrangère ».
« La résistance en Irak est l'un des piliers de la force de ce pays », a-t-il aussi mis en avant, près de l'aéroport de Bagdad, sur le site de la frappe américaine qui a tué en 2020 le général Kassem Soleimani, chef de la Force al-Qods — branche chargée des opérations extérieures des gardiens de la révolution iraniens — et son lieutenant irakien, Abou Mahdi al-Mouhandis.
M. Ghalibaf doit rencontrer le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, mercredi, avant une réunion avec le « Cadre de coordination », coalition au pouvoir regroupant des partis chiites plus ou moins proches de Téhéran. L'onde de choc de la guerre déclenchée fin février par une attaque américano-israélienne contre l'Iran a gagné l'Irak, où des factions armées ont attaqué des intérêts américains - Washington répondant par des frappes meurtrières - et où l'Iran a bombardé des positions de l’opposition kurde iranienne. Depuis l'invasion américaine de 2003, l'Irak constitue un terrain de rivalité entre Washington et Téhéran. Sous pression de Washington, M. Zaidi a donné aux groupes armés pro-iraniens jusqu'au 30 septembre pour déposer les armes, une échéance qui coïncide avec la fin de la mission de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis. Mais quelques-uns d'entre eux, les plus influents et les plus proches de la République islamique, refusent que ce sujet soit discuté sous pression américaine.
Le chef du législatif iranien avait en outre rencontré son homologue irakien, Haïbat al-Halboussi, qui lui avait demandé qu'un traitement particulier soit accordé à l’Irak concernant ses exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz, selon un communiqué relayé par l’INA, l’agence nationale irakienne de presse. Haïbat al-Halboussi avait mis en avant le fait que « l’Irak figure parmi les pays les plus affectés par la situation et les développements que connaît la région » pour appuyer sa demande. Les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz à la suite de la guerre déclenchée par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran ont considérablement affecté la capacité de l’Irak à exporter son pétrole, forçant ses autorités à ouvrir une voie d’exportation terrestre vers la Méditerranée qui passe par la Syrie.
L'Irak et l'Iran, deux pays à majorité chiite partageant quelque 1 500 kilomètres de frontière, et entretiennent d'étroites relations politiques, religieuses et commerciales.
Jeudi, M. Ghalibaf se rendra dans la ville sainte de Kerbala pour les cérémonies du quarantième jour de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, tué dans les premières frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février. Il achèvera vendredi sa visite à Najaf, dans le sud de l'Irak.

