La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas (à dr.), passe devant le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, lors d’une rencontre à Damas, le 29 septembre 2026. Photo Louai Beshara/AFP
L’Union européenne veut « renforcer » son partenariat avec la Syrie avec une démarche qui sera accompagnée d'une série de mesures de sa part, tandis que Damas réclame la levée des sanctions européennes qui visent encore certaines institutions de l’État syrien. Ces positions ont été exprimées mardi lors d’une visite à Damas de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui s’est entretenue avec son homologue syrien, Assaad al-Chaibani.
Bruxelles « utilise ses instruments politiques et économiques pour aider la Syrie vers une transition inclusive et pacifique », a déclaré Mme Kallas lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien, Assaad al-Chaibani.
Les Européens avaient suspendu en 2011 leur coopération avec la Syrie, en raison de la répression des manifestations pacifiques contre le pouvoir de Bachar el-Assad, qui a déclenché une guerre dévastatrice. Le conflit a pris fin avec le renversement fin 2024 de Bachar al-Assad par une coalition islamiste menée par Ahmad el-Chareh, devenu président du pays.
L'UE avait décidé en mai dernier de réactiver son accord de coopération commerciale avec la Syrie, pour aider à la stabilisation du pays et préparer le retour des réfugiés syriens établis dans l'UE pendant la guerre. « Nous cherchons désormais à mobiliser encore plus d’investissements et à renforcer notre partenariat. Mais cela relève aussi de la partie syrienne », a ajouté la cheffe de la diplomatie européenne.
Elle a expliqué que « les investissements étrangers ou nationaux ont besoin de confiance, et la confiance exige la sécurité : des règles claires, l’état de droit, des institutions efficaces, mais aussi la participation égale des femmes dans la société ». Cela passe aussi par la justice transitionnelle et la réconciliation nationale, a ajouté Mme Kallas. L'Europe fera « tout son possible » pour aider à la reconstruction de la Syrie, avait promis en janvier la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen après avoir rencontré M. Chareh à Damas. Elle lui « fournit déjà 620 millions d’euros pour répondre aux besoins humanitaires liés à la reconstruction et pour renforcer les institutions », a indiqué Mme Kallas.
Le pays tente de relancer son économie et d'attirer des investissements après treize ans d'une guerre qui a fait plus de 500.000 morts et ravagé les infrastructures du pays.
Un retour à la stabilité en Syrie intéresse aussi certains Etats membres de l'UE qui accueillent des centaines de milliers de Syriens ayant fui la guerre. « Nous avons été des partenaires actifs (...) contre l'immigration illégale, la drogue et la traite des êtres humains », a déclaré pour sa part Assaad al-Chaibani. « Nous avons discuté des moyens de renforcer les capacités des garde-côtes syriens », a-t-il ajouté. Il a également appelé Bruxelles à lever les sanctions européennes qui visent encore certaines institutions de l’État syrien, tout en maintenant celles imposées à des figures de l’ancien régime.
Le point de 19h : Beyrouth appelle Washington à agir ; Katz menace les dirigeants du Hamas à l’étranger ; Doha et Riyad dénoncent les visées israéliennes d’annexion au Liban-Sud