Une femme passe devant une fresque représentant le défunt guide suprême iranien Ali Khamenei sur la place Valiasr, dans le centre de Téhéran, le 8 août 2026. Photo ATTA KENARE / AFP
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi qu’il exigerait de l’Iran le versement de compensations pour « toutes les personnes qu’il a tuées et grièvement blessées », en réponse à la demande de Téhéran d’être indemnisé pour les dommages causés par les attaques américaines et israéliennes.
En Iran, le guide suprême Mojtaba Khamenei a, pour sa part procédé à ses premières nominations officielles, plaçant notamment un général des Gardiens de la Révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, à la tête de l’état-major des forces armées.
La publication de Donald Trump sur son réseau social Truth Social intervient après que l’Iran a indiqué ce week-end être proche d’un accord avec Oman définissant de nouvelles voies de navigation entre les deux pays à travers le détroit d’Ormuz. Téhéran a toutefois répété que les États-Unis devaient satisfaire plusieurs conditions, notamment le versement de compensations ainsi que la fin des sanctions et des menaces militaires, avant la réouverture de cette voie maritime stratégique. « C’est une idée intéressante, car je réclame désormais moi aussi des compensations à l’Iran pour toutes les personnes qu’il a tuées et grièvement blessées avec ses bombes placées en bord de route et au cours de nombreux conflits », a-t-il écrit sur Truth Social.
Attentat de l'USS Cole
Donald Trump a également évoqué l’attentat meurtrier d’octobre 2000 contre le destroyer lance-missiles américain USS Cole dans un port yéménite, réclamant aussi des compensations à l’Iran à ce titre. Le FBI a attribué cet attentat à el-Qaëda, même si Washington a également accusé Téhéran de soutenir le groupe à l’origine de l’attaque. L’attentat avait tué 17 marins américains et fait 39 blessés. Le président américain a ajouté que Téhéran devrait également indemniser les familles des milliers de personnes tuées lors des manifestations antigouvernementales de janvier dernier, les troubles intérieurs les plus graves qu’ait connus l’Iran depuis la révolution islamique de 1979.
À Téhéran, le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a nommé un général des Gardiens de la Révolution, Ali Abdollahi, chef d’état-major des forces armées iraniennes, a annoncé lundi son bureau dans un communiqué. « Au vu de vos services méritoires et de votre précieuse expérience, je vous nomme chef d’état-major des forces armées », a indiqué le guide suprême dans un décret adressé à M. Abdollahi.
Cet officier des Gardiens de la Révolution, la puissante armée idéologique de la République islamique, était auparavant commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, une structure interarmées de premier plan chargée de superviser et de coordonner les opérations militaires. Il avait auparavant occupé plusieurs fonctions au sein de l’état-major des forces armées.
Cette nomination, ainsi que celles de plusieurs autres hauts responsables des forces armées, sont les premières auxquelles a procédé l’ayatollah Khamenei depuis qu’il a succédé, en mars, à son père Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Elles devraient permettre à Mojtaba Khamenei de renforcer son contrôle sur les principaux organes militaires du pays, alors qu’il reste absent de la scène publique depuis son accession au pouvoir.
De nombreux responsables militaires iraniens ont été tués pendant la guerre déclenchée par l’attaque du 28 février. Le guide suprême a également officiellement nommé le général Ahmad Vahidi à la tête des Gardiens de la Révolution, après que cette désignation avait déjà été annoncée par les médias iraniens.
Selon les décrets rendus publics lundi, Mojtaba Khamenei a également confirmé plusieurs autres nominations. Ali Ozmaei, qui avait déjà été nommé début juillet à la tête de la marine des Gardiens, figure parmi les responsables dont la nomination a été formalisée ; Hossein Taeb a été nommé à la tête de l’organisation Bassidj, branche paramilitaire des Gardiens.
Blessé fin février dans la frappe ayant tué son père, Mojtaba Khamenei n’a depuis pas été vu en public et ne s’exprime que par des communiqués qui lui sont attribués. Cette discrétion, en plein conflit régional, a donné lieu à des spéculations sur ses relations avec d’autres hauts responsables iraniens. Un protocole d’accord a été signé mi-juin par Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit, qui a fait des milliers de morts en Iran, mais il a volé en éclats début juillet avec la reprise des hostilités. Les bombardements américains ont toutefois cessé depuis plus d’une semaine, Donald Trump conditionnant cette accalmie à la conclusion rapide d’un accord.

Il faudrait également demander des indemnisations pour les milliers de victimes du Hezbollah, un peu partout dans le monde. Quant au Liban, il aurait à présenter à l'Iran, une facture particulièrement salée. Outre les destructions provoquées par Israël au cours des diverses guerres initiées par la milice iranienne, il faut ajouter la mise ne coupe réglée du pays par le gang de trafiquants durant plus de trois décennies
07 h 55, le 11 août 2026