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Points de vue - Appel

Rendez au Liban ses oliviers


Rendez au Liban ses oliviers

Les incendies de Yaroun vus le matin du 3 août 2026 à partir des localités voisines. Photo fournie par Mountasser Abdallah

Depuis septembre 2024, l’armée israélienne a tué plusieurs milliers de civils désarmés, blessé plusieurs dizaines de milliers d’entre eux, et déplacé plus d’un million de personnes au Liban, laissant des centaines de milliers d’enfants marqués pour le restant de leur vie. Il existe cependant des biens qu’aucune guerre ne devrait emporter. L’olivier centenaire en est un. Ses années construites par un peuple uni, au-delà des confessions, et des divisions, puisant sa force et sa dignité dans cette terre où ses racines s’enfoncent. Mais quand les armes se taisent, les familles qui reviennent trouvent une terre nue, griffée et amputée de ce qui leur permettrait de continuer à vivre là où elles ont toujours vécu.

Nous ne parlons ni pour un parti ni pour un camp, mais pour un principe universel : ce qui est arraché à une famille doit lui être rendu. Ce qui appartient à une nation, à son histoire, à son âme, doit être préservé.

Depuis octobre 2024, les oliveraies du Liban‑Sud sont dévastées par Israël. Selon le CNRS‑Liban et le PNUD, 814 hectares ont brûlé, des dizaines de milliers d’oliviers centenaires détruits ou déracinés. Derrière ces chiffres, il y a des familles privées de leur terre, de leur récolte, de leur mémoire – et un pays tout entier dont on arrache les racines, dont on mutile les paysages et profane l’histoire.

L’olivier centenaire n’est pas un arbre ordinaire. Il porte le nom de ceux qui l’ont planté, la marque de ceux qui l’ont taillé, la mémoire des générations qui ont vécu de ses fruits. Une maison détruite se reconstruit ; un arbre plusieurs fois centenaire ne se remplace pas. Déraciner les oliviers, c’est déposséder un peuple de son identité.

Une partie de ces arbres n’a pas brûlé : les images satellite montrent une terre nue, raclée par des engins. L’armée israélienne les a extraits du sol, racines comprises, et emmenés. Ce geste n’est pas qu’une expropriation ; il est une atteinte symbolique à l’intégrité du Liban, à sa mémoire collective, à sa présence sur sa terre. Ces agissements illustrent et démontrent le niveau d’incivilisation atteint par l’armée israélienne, sous les ordres d’un gouvernement qui n’a de cesse de démontrer l’asymétrie des valeurs qu’il revendique pour la population israélienne et le manque de respect pour les droits le plus fondamentaux qu’il écrase de sa toute-puissance aveugle.

Une exigence universelle et indiscutable

Nous demandons trois choses simples et vérifiables :

• Établir officiellement le sort de ces arbres : combien et où sont-ils ;
• Restituer ceux qui sont encore vivants à leur terre et à leurs familles ;
• Indemniser les familles dont les arbres ont été brûlés ou détruits, pour la valeur des arbres, les récoltes perdues, la dégradation des sols et le temps nécessaire à une nouvelle plantation.

Ces demandes ne sont d’aucune allégeance ; elles s’imposent d’elles-mêmes, comme une exigence universelle et indiscutable par quiconque qui se prétend civilisé. Elles relèvent du droit international et du droit à réparation des victimes. Mais elles sont aussi l’expression d’une volonté nationale collective : voir le Liban retrouver sa dignité, sa souveraineté, sa liberté. Rendre les oliviers, c’est reconnaître le droit d’un peuple à exister sur sa terre, à y cultiver son avenir, à y honorer ses morts. C’est affirmer, face à l’agression, que le Liban est une terre de vie et de résilience, non de conquête.

Nous appelons les Nations unies, les États‑Unis, l’Union européenne, la Ligue arabe et tous les partenaires du Liban à porter ces demandes dans la mise en œuvre de l’accord du 26 juin 2026 à Washington entre Israël et le Liban pour arriver à la paix entre les deux pays. Une paix durable ne peut être que militaire : elle doit protéger les habitants, leurs biens, leur héritage et rendre aux Libanais ce qui leur a été pris, pour réparer les corps et guérir les mémoires.

Nous appelons particulièrement la France, qui a salué cet accord, à mobiliser son influence diplomatique.

Ce que nous réclamons pour le Liban, nous le réclamerions pour toute famille, en tout pays, à qui l’on aurait arraché ses arbres et sa terre.

Nous appelons agriculteurs, défenseurs de l’environnement et du patrimoine, scientifiques, artistes, intellectuels, responsables religieux de toutes confessions, citoyens de toutes nationalités, à se joindre à nous. En défendant les oliviers, c’est la liberté de tout un peuple que nous défendons. Chaque olivier rendu est un pas vers la réconciliation, la paix, la vie.

On ne bâtit pas la paix sur des racines arrachées : on la bâtit en rendant à chaque famille ce que la guerre lui a pris. On ne construit pas la liberté sur des ruines : on la construit en restituant à une nation ce qui fait son âme.

Rendez aux familles leurs terres. Rendez au Liban ses oliviers. Rendez au peuple libanais sa liberté, sa dignité et son espérance.

Par Change Lebanon



Depuis septembre 2024, l’armée israélienne a tué plusieurs milliers de civils désarmés, blessé plusieurs dizaines de milliers d’entre eux, et déplacé plus d’un million de personnes au Liban, laissant des centaines de milliers d’enfants marqués pour le restant de leur vie. Il existe cependant des biens qu’aucune guerre ne devrait emporter. L’olivier centenaire en est un. Ses années construites par un peuple uni, au-delà des confessions, et des divisions, puisant sa force et sa dignité dans cette terre où ses racines s’enfoncent. Mais quand les armes se taisent, les familles qui reviennent trouvent une terre nue, griffée et amputée de ce qui leur permettrait de continuer à vivre là où elles ont toujours vécu.Nous ne parlons ni pour un parti ni pour un camp, mais pour un principe universel : ce qui est...
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