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Politique - Dans La Presse

Berry : Le Liban a besoin d'un parrainage tripartite de l'Arabie saoudite, des États-Unis et de l'Iran

« Si les relations entre le Liban et la Syrie ne sont pas excellentes, nous finirons tous par nous jeter à la mer et nous y noyer », affirme le président du Parlement.

Berry : Le Liban a besoin d'un parrainage tripartite de l'Arabie saoudite, des États-Unis et de l'Iran

Le chef du Parlement libanais, Nabih Berry, lors d'une séance à Beyrouth le 16 juillet 2026. Photo Hassan Ibrahim / Parlement libanais

Le président du Parlement Nabih Berry a mis en avant dans un entretien au média Asas, ses bonnes relations avec l'Arabie saoudite et la Syrie, estimant que Beyrouth a besoin d'un « parrainage tripartite » de Riyad, Washington et Téhéran, et non de se rapprocher d'un axe au détriment d'un autre.

Le chef du Législatif, dont le mouvement chiite Amal est allié au Hezbollah, est peu optimiste quant aux résultats concrets de l'accord-cadre conclu fin juin sous parrainage américain entre le Liban et Israël, qui prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du Liban-Sud en contrepartie d'un déploiement de l'armée libanaise et du désarmement du Hezbollah.

Abordant ses relations avec l'Arabie saoudite, il a affirmé qu'elles sont « constantes ». « Tout au long de ma carrière politique, je n'ai jamais prononcé un mot offensant à l'égard du royaume wahhabite, car je suis convaincu de son attachement et de sa bienveillance envers le Liban et du rôle central qu'il joue dans la préservation de la stabilité nationale », a indiqué celui qui préside la Chambre des députés depuis 1993. Il assure que les contacts avec les responsables saoudiens se sont dernièrement « intensifiés », notamment avec l'émissaire Yazid ben Farhane. Pour lui, « celui qui est apprécié par l'Arabie saoudite est apprécié du monde entier, et il semble que le royaume m'apprécie davantage que certains Libanais », a-t-il poursuivi. Il a aussi estimé que c'est grâce à ses bons contacts avec Riyad que le président américain Donald Trump l'avait qualifié d'« homme bien », devant le chef de l’État libanais Joseph Aoun, la semaine dernière à Washington. « Je l'ai toujours dit et je le répète : au Liban, nous avons besoin d'un parrainage tripartite composé de l'Arabie saoudite, des États-Unis et de l'Iran », a-t-il lancé.

Les relations libano-syriennes

Nabih Berry a par ailleurs réitéré qu'il est en « contact constant » avec le président Aoun, et que l'atmosphère entre eux deux hommes est « excellente », malgré certaines « divergences sur des questions d'analyses politiques ». Il a dans ce cadre rappelé son pessimisme concernant l'accord-cadre avec Israël, commentant notamment le fait que dans la « zone pilote » de Zaoutar el-Gharbiyé, au nord du Litani, où l'armée libanaise s'est déployée la semaine dernière, « les habitants ont dû attendre plusieurs jours avant d'être autorisés à rentrer provisoirement dans leurs villages, tandis que les attaques israéliennes se poursuivent ». « Combien de temps faudra-t-il encore pour parvenir à un retrait israélien total et au retour des habitants du Sud sur leurs terres ? » s'est-il interrogé.

Concernant la Syrie, le président de la Chambre a estimé que pour établir des relations « saines » avec Beyrouth, il faut que ces liens passent par le traitement de trois dossiers : le contrôle de la frontière pour éviter la contrebande, la délimitation des lignes frontalières terrestre et maritime, ainsi que la non-ingérence dans les affaires intérieures des deux pays. Il a affirmé avoir confié au ministère syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani que « le Liban est bordé au sud par les territoires palestiniens, à l'ouest par la mer et à l'est par la Syrie. Si les relations entre le Liban et la Syrie ne sont pas excellentes, nous finirons tous par nous jeter à la mer et nous y noyer. »

Le Liban et la Syrie ont ouvert une nouvelle page de leurs relations après la chute du régime de Bachar el-Assad, renversé par une coalition de groupes rebelles jihadistes en décembre 2024. Les rapports entre les deux pays ont été empoisonnés par des années de tensions liées à la tutelle syrienne sur le Liban jusqu'en 2005, puis la guerre civile en Syrie dans laquelle s'était impliqué le Hezbollah. A ce sujet, M. Berry a souligné être un des seuls dirigeants arabes à avoir refusé de s'impliquer dans le conflit, ce qui avait selon lui « tendu » ses liens avec le régime Assad.

Le président du Parlement Nabih Berry a mis en avant dans un entretien au média Asas, ses bonnes relations avec l'Arabie saoudite et la Syrie, estimant que Beyrouth a besoin d'un « parrainage tripartite » de Riyad, Washington et Téhéran, et non de se rapprocher d'un axe au détriment d'un autre. Le chef du Législatif, dont le mouvement chiite Amal est allié au Hezbollah, est peu optimiste quant aux résultats concrets de l'accord-cadre conclu fin juin sous parrainage américain entre le Liban et Israël, qui prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du Liban-Sud en contrepartie d'un déploiement de l'armée libanaise et du désarmement du Hezbollah. Lire aussi Depuis Washington, Aoun consacre sa position de principal décideur Abordant ses relations avec l'Arabie saoudite, il a...
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