Les gens au bord de la mer au milieu d'une vague de chaleur et d'une coupure de courant continue, dans la ville méditerranéenne de Tripoli, Libye, le 18 juillet 2026. Photo REUTERS/Hani Amara
Le gouvernement de Tripoli a annoncé mardi une intervention de l'armée libyenne pour reprendre de contrôle d'un vaste complexe gazier à Mellitah (ouest) après qu'un groupe de manifestants y a pénétré de force, provoquant un arrêt des opérations au risque d'entraîner un black-out électrique de la région.
« Le chef du gouvernement d'unité nationale (GUN), Abdelhamid Dbeibah, a ordonné au ministère de la Défense et à l'état-major des armées de prendre immédiatement le contrôle total du complexe gazier de Mellitah et de rouvrir les gazoducs et l'approvisionnement en gaz des centrales électriques » du pays, a annoncé le gouvernement dans un communiqué.
Dans la nuit de lundi à mardi, des manifestants, protestant contre de fréquentes et longues coupures de courant ces dernières semaines, ont forcé l'entrée du site, ce qui a entraîné l'arrêt des opérations. « Plusieurs groupes de personnes sont entrés dans le complexe Mellitah pour couper les vannes de gaz », et cela « augmente la probabilité d'une panne générale du réseau électrique », a mis en garde la compagnie d'électricité Gecol, jugeant la situation « extrêmement critique ».
« Des négociations sont en cours pour convaincre les manifestants de permettre la reprise des opérations », a indiqué à l'AFP un responsable du complexe, sous couvert d'anonymat.
Dans la nuit de lundi à mardi, une centaine de jeunes ont également déversé des détritus devant les sièges de compagnies pétro-gazières à Tripoli, en scandant « le peuple veut la chute du régime », pour protester contre les coupures de courant et la vie chère. Mellitah est une localité côtière à environ 100 km à l'ouest de Tripoli et proche de la frontière avec la Tunisie.
Le site alimente le gazoduc Greenstream, une liaison sous-marine d'environ 520 km reliant l'usine de Mellitah à Gela, dans le sud de l'Italie, pays qui importe de grandes quantités de gaz et pétrole libyens. Le vaste complexe fournit aussi du gaz naturel à plusieurs centrales libyennes pour la production d'électricité locale.
Dotée des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, la Libye a plongé dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux gouvernements s'y disputent actuellement le pouvoir: l'un installé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, l'autre dans l'Est, contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
Ces derniers jours à Tripoli et sa région, des centaines d'habitants ont manifesté contre les interruptions de la fourniture d'électricité, indispensable dans ce pays semi-aride.

