Des décombres le long d'une route de Zaoutar el-Gharbiyé, dans le caza de Nabatiyé, le 24 juillet 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
La région de Nabatiyé reste prise en étau par l'armée israélienne, et trois frappes de drone se sont ainsi abattues sur la localité de Nabatiyé el-Faouqa mardi matin sans faire de victimes, rapporte notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah.
Ce village est régulièrement ciblé malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis mi-juin. Les deux premiers tirs ont touché une même cible, sans faire de victimes. Nabatiyé el-Faouqa est située à la lisière de la « zone tampon » établie de facto dans le Sud et en périphérie des collines de Ali Taher, où l'armée israélienne accuse le Hezbollah d'avoir un centre de commandement souterrain. Les abords de Nabatiyé el-Faouqa et des hauteurs de Ali Taher avaient déjà été prises pour cible dans la nuit par des tirs d'obus.
Sur l'autre rive du Litani, deux dynamitages ont été effectués par les Israéliens dans le village de Aadchit el-Qousseir, dans le caza de Marjeyoun. Cette zone avait été soumise dans la matinée à des bombardements intensifs à l'artillerie. Par ailleurs, dans le caza de Tyr, des drones ont largué des grenades sonores sur Mansouri et la localité voisine de Bouyout al-Sayyad. Ces villages sont situés à l'intérieur ou en bordure de la « zone tampon », qui s'étend sur environ 620 km2 du territoire libanais le long de la frontière, et dans laquelle les Israéliens occupant des dizaines de villages. Dans la soirée de lundi, d'importants dynamitages avaient été déclenchés par les forces israéliennes, notamment à Talloussé (Marjeyoun), où un quartier entier a été démoli à l'explosif.
Ces destructions en série ont lieu alors que le retrait israélien du Sud doit faire l'objet d'un nouveau round de pourparlers directs à Rome les 4 et 6 août prochains, confirmé lundi soir par Washington. « À Rome, les groupes techniques s'attacheront à faire progresser la mise en œuvre intégrale de l'accord-cadre », a déclaré un responsable du département d’État sous couvert d'anonymat, prévoyant une extension du processus des « zones pilotes », le règlement de toutes les questions frontalières en suspens et l'élaboration d'un accord global de paix et de sécurité. « L'expérience tirée des premières zones nous aidera à perfectionner la mise en œuvre des zones pilotes afin que celles-ci puissent s'étendre de manière progressive », a-t-il ajouté. Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani avait annoncé il y a quelques jours la tenue de ces pourparlers.
L'accord conclu le 26 juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des « zones pilotes » évacuées par Israël sous réserve d'un désarmement du Hezbollah. C'est dans ce cadre que, selon des informations de la chaîne 11 israélienne, l'armée libanaise a découvert une « cache d'armes du Hezbollah » dans l'une de ces zones au Liban-Sud. Selon les sources de ce média, ce serait la première fois qu'une infrastructure du parti pro-iranien est « neutralisée » par l'armée libanaise depuis le début de l'application de l'accord-cadre, ce qui est perçu comme un signal positif de l'engagement de la troupe à agir pour désarmer le Hezbollah. La chaîne 11 ne précise pas dans laquelle des deux zones pilotes la cache d'armes a été retrouvée, alors que ces deux zones sont réparties au sud du Litani entre les villages de Srifa et Froun (Bint Jbeil), et au nord dans la localité de Zaoutar el-Gharbiyé.


