L'entrée du palais de justice de Baabda. Photo d'archives ANI
La première juge d'instruction près la cour d'appel du Mont-Liban, Nada Asmar, a émis un acte d'accusation à l'encontre d'une Libanaise travaillant comme femme de ménage au palais de justice de Baabda et accusée d'avoir photographié des documents confidentiels, notamment des procès-verbaux d’enquêtes, dans les bureaux de magistrats.
Selon des informations d'une source judiciaire à L'Orient-Le Jour, la femme est accusée d'usurpation d'identité et courtage illicite, et le dossier a été transféré au juge unique pénal du Mont-Liban. La source indique que, contrairement au Parquet, qui avait indiqué que la femme faisait partie d'un réseau organisé, la juge Asmar a nuancé les accusations, estimant que les sommes perçues par l'accusée n'étaient pas suffisamment substantielles, alors qu'elle aurait perçu environ 100 à 200.000 livres libanaises par document transmis (soit entre 1 et 2 dollars), avec une transaction ayant atteint un maximum de 50 dollars. La juge d'instruction a également, selon cette source, relevé l'absence de tête pensante à l'initiative des fuites.
La source précise en outre que la femme avait été remise en liberté sous caution, de même que six courtiers qui auraient été impliqués dans cette affaire et qu'une deuxième femme de ménage, qui s'est avérée être la belle-soeur de la première, et qui travaillait, elle, dans la salle des avocats au palais de justice.
En septembre 2025, lorsque cette affaire avait été révélée, une source judiciaire avait indiqué à L’OLJ que les couloirs du palais de justice sont fréquentés par des personnes qui se présentent à des justiciables comme des « facilitateurs », ou « courtiers », leur proposant des services payants, tels que l’accès accéléré à des documents difficiles à obtenir rapidement par les voies officielles. Connaissant les rouages du système judiciaire, et les parties capables de débloquer les procédures, ces individus rôdent à proximité des greffes des tribunaux et des salles d’audience. Ils collaborent parfois avec des avocats et des auxiliaires de justice, ou encore, comme dans le cas présent, avec des personnes vulnérables qui, généralement, ne mesurent pas la gravité de leurs actes.
Les faits avaient été découverts de manière fortuite, lors de l’interrogatoire, par la police judiciaire, d’un homme arrêté dans une affaire de stupéfiants. Le décryptage de son appareil portable aurait révélé des conversations et des photos en lien avec des dossiers judiciaires se trouvant dans des bureaux de juges d’instruction.


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