Le président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche, le 18 novembre 2025. Photo d'archives Saul LOEB / AFP via Getty Images.
Un accord entre les États-Unis et l'Arabie saoudite autorisant le royaume à construire des réacteurs nucléaires grâce à une technologie américaine et à enrichir de l'uranium, a ravivé les craintes, en Israël, d'un déclenchement d'une course aux armements au Moyen-Orient. Annoncé mercredi, l'accord qui doit encore être approuvé par le Congrès américain, vise à permettre à l'Arabie saoudite de développer un programme nucléaire civil.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ainsi que ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, n'ont pour l'instant pas commenté cet accord, que ses détracteurs jugent contraire aux intérêts sécuritaires de long terme d'Israël. « L'accord nucléaire en cours de finalisation avec l'Arabie saoudite, conclu au-dessus de la tête d'Israël, constitue un grave échec stratégique qui met en danger notre sécurité », a déclaré l'ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui espère battre Benjamin Netanyahu lors des élections du 27 octobre. « L'enrichissement de l'uranium sur le sol saoudien pourrait déclencher une course régionale au nucléaire et une dangereuse perte de contrôle », a-t-il ajouté.
L'ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman a, lui aussi, estimé que « le programme nucléaire civil en Arabie saoudite finira par déboucher sur des armes nucléaires et entraînera une course folle aux armements dans tout le Moyen-Orient ». Selon lui, Israël, considéré comme le seul pays de la région à disposer de l'arme nucléaire, doit s'opposer à cet accord et faire pression sur le Congrès américain pour empêcher son adoption.
Un accord de coopération nucléaire civile avec l'Arabie saoudite était en préparation depuis plusieurs années, aussi bien sous le premier mandat de Donald Trump que sous la présidence de Joe Biden. Rien n'avait toutefois abouti jusqu'à présent, notamment en raison des mises en garde d'organisations de lutte contre la prolifération nucléaire, qui estimaient qu'un tel accord pourrait offrir à Riyad une voie vers le développement d'une arme nucléaire.
En Israël, certains espéraient également qu'un tel accord s'inscrirait dans le cadre d'un accord de normalisation avec l'Arabie saoudite, comme le prévoyait le projet défendu par l'administration Biden.
« Aucun responsable de la sécurité ne dirait qu'introduire une capacité nucléaire civile en Arabie saoudite, sans intégrer cette initiative dans la construction d'une alliance régionale modérée, est une mesure bénéfique pour la sécurité d'Israël », a déclaré Benny Gantz, ancien ministre de la Défense.


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