Le Premier ministre Nawaf Salam (à droite) rencontre Jeanne Shaheen, membre éminente de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, à New York le 21 septembre 2026. (Crédit : Grand Sérail sur X)
Le Premier ministre Nawaf Salam a entamé lundi à New York une séquence diplomatique consacrée aux principaux dossiers libanais, du soutien à l’armée et au monopole des armes à l’avenir de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), en passant par les négociations avec Israël et la relance économique. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, où il doit prononcer le discours du Liban, il multiplie les rencontres avec des responsables américains et internationaux avant de se rendre à Washington.
Sa première rencontre a eu lieu avec la sénatrice américaine Jeanne Shaheen, membre de la commission des Affaires étrangères du Sénat. Les discussions, qui se sont tenues à la mission permanente du Liban auprès des Nations unies, ont notamment porté sur le soutien américain à l’armée libanaise et le renforcement de ses capacités, selon un communiqué du Grand Sérail publié sur X. L’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadé Moawad, était présente.
Lors de son entretien avec Jeanne Shaheen, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à étendre l’autorité de l’État, en veillant à ce que « les armes soient exclusivement détenues par l’État, tout en poursuivant les réformes ». Il a également insisté sur « l’importance de maintenir le soutien américain à l’armée et de renforcer ses capacités », ainsi que sur la nécessité de mobiliser l’appui international en faveur de « la relance et la reconstruction du Liban ».
M. Salam a par ailleurs évoqué l’avenir de la Finul, dont le mandat expire à la fin de l’année. Il a insisté sur la nécessité « d’éviter toute vacance à la suite de la fin du mandat de la Finul », estimant que « le Liban a besoin du maintien d’une présence internationale dans le sud ».
De son côté, Mme Shaheen a souligné l’importance pour le Liban de poursuivre ses efforts afin de placer les armes sous le contrôle de l’État. Elle a également appelé le Parlement libanais à adopter la loi sur l’écart financier et encouragé Beyrouth à poursuivre les réformes nécessaires pour parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).
Nawaf Salam s’est également entretenu avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, le cheikh Mohammad ben Abdelrahmane ben Jassem al-Thani, en présence du ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, et du ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammad ben Abdelaziz ben Saleh al-Khulaifi. Ils ont discuté des derniers développements régionaux et souligné « l’importance d’intensifier les efforts pour faire baisser les tensions, préserver la sécurité et la stabilité des États du Golfe et de la région et éviter de nouvelles confrontations ». M. Salam a remercié « l’État du Qatar pour son soutien constant au Liban ». Les deux parties ont par ailleurs examiné les moyens de renforcer leur coopération, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’électricité, afin d’atténuer les difficultés auxquelles sont confrontés les Libanais. Le soutien à l’armée libanaise et le renforcement de ses capacités ont également été abordés, de même que la coopération économique et les investissements entre les deux pays et le soutien au processus de redressement et de reconstruction du Liban.
Le déplacement de Nawaf Salam ne se limite pas à New York. Il doit ensuite se rendre à Washington, où il rencontrera le secrétaire d’État américain Marco Rubio, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva et le président de la Banque mondiale Ajay Banga, ainsi que plusieurs responsables américains et internationaux.
Cette visite du Premier ministre intervient alors que les attaques israéliennes se poursuivent au Liban-Sud, que l’armée israélienne occupe toujours plusieurs dizaines de localités libanaises. Dans le même temps, le canal de négociation entre Beyrouth et Tel-Aviv semble à l’arrêt depuis début août.
La question du soutien à l’armée libanaise, à qui il est demandé depuis l’an dernier de désarmer le Hezbollah, était déjà au cœur des discussions la semaine dernière à Paris, où des représentants de 17 pays se sont réunis dans le cadre d’une conférence préparatoire. Lors de la conférence, le président Joseph Aoun a appelé les partenaires internationaux du Liban à accélérer les préparatifs d’une conférence internationale de soutien à l’armée, exhortant les participants à établir une « feuille de route » et un « calendrier clair » pour la tenue de la conférence.