Un drapeau à l'effigie de Hassan Nasrallah, chef défunt du Hezbollah, lors d'une procession pour l'Achoura dans la banlieue sud de Beyrouth, le 26 juin 2026. Photo REUTERS/Khalil Ashawi
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a affirmé jeudi, lors d'une séance au Parlement, que le « funeste » accord-cadre conclu le 26 juin entre le Liban et Israël était « voué à l'échec », assurant que « les sionistes ne pourront pas en imposer l'application » et que « notre peuple en fera échouer les effets sur le terrain ».
Réaffirmant son opposition à cet accord, le membre du bloc parlementaire Fidélité à la Résistance a estimé que « toutes les tentatives visant à embellir ce texte resteront vaines », jugeant qu'il « met fin à l'existence du Liban en tant qu'État indépendant, légalise l'occupation (...), remplace le retrait (israélien du Liban-Sud) par des zones pilotes, soumet l'armée libanaise à des tests menés par l'armée ennemie (...) et fait des autorités libanaises les partenaires de l'ennemi dans chaque goutte de sang que le peuple verse ». Pour M. Fadlallah, il s'agit d' « un accord voué à l'échec, que les sionistes ne pourront pas imposer, et notre peuple en fera échouer les effets sur le terrain ».
Il a tenu ces propos au lendemain du sixième cycle de négociations directes organisé à Rome entre Beyrouth et Tel-Aviv, qui s'est achevé sur un accord visant à mettre en oeuvre l'application des « zones pilotes » dans le Sud. Selon nos informations, les zones pilotes dans lesquelles l'armée libanaise doit se déployer, seront réparties entre des zones occupées (dont les Israéliens se retireront) et d'autres non occupées. L'accord-cadre, tout comme le principe de pourparlers directs avec Israël, est rejeté en bloc par le tandem chiite Amal-Hezbollah.
Dans un réquisitoire virulent contre le chef d'État libanais Joseph Aoun, Hassan Fadlallah l'a accusé d'avoir abandonné son rôle de « président, symbole de l'unité nationale » pour devenir « une partie politique » accentuant les divisions entre les Libanais et d'avoir transformé le palais de Baabda en « plateforme partisane ». Il a également reproché au président d'avoir fait échouer les tentatives de dialogue avec le parti chiite, d'avoir cautionné des décisions hostiles à la formation pro-iranienne et à son environnement, et enfin d'avoir, avec le Premier ministre Nawaf Salam, « criminalisé la résistance » le jour de la reprise de la guerre au Liban, le 2 mars. Le gouvernement libanais avait ce jour là banni les activités militaires du Hezbollah, alors que le mouvement chiite avait tiré des roquettes contre Israël en riposte à l'assassinat d'Ali Khamenei, survenu au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran. « Il est encore temps pour le mandat présidentiel de revenir à la logique de l'État et du partenariat », a-t-il déclaré.
« Nos tentatives auprès du président afin d'empêcher que le mandat présidentiel ne s'engage dans une voie dangereuse n'ont jamais cessé. Mais chaque initiative a été avortée par des positions d'escalade et des accusations de trahison à notre encontre », a-t-il ajouté. Il a également regretté que le président Aoun n'ait eu de cesse de réclamer la remise des missiles lourds du Hezbollah, alors que « c'est ce type d'armement qui préoccupe Israël ».
Le député a également accusé le chef de l'État d'avoir rompu l'engagement selon lequel « la question des armes de la résistance ne serait examinée sur le plan intérieur qu'après le retrait israélien du Liban-Sud et dans le cadre d'un dialogue interne fondé sur un consensus national ». Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de « deux zones pilotes » du Liban-Sud au profit de l'armée libanaise. Si Beyrouth insiste sur le retrait des troupes israéliennes du Sud, Tel-Aviv réclame au préalable le désarmement du Hezbollah, selon les termes de l’accord-cadre.

