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Dernières Infos - Canicule

La France dans une situation de sécheresse « exceptionnelle » et « très préoccupante »


Des jeunes sautant depuis un pont dans le canal Saint-Martin, à Paris, le 25 juin 2026, en pleine canicule en France. Photo Ludovic MARIN / AFP

Cultures en souffrance, rivières à sec, restrictions d'usages de l'eau: après plusieurs épisodes de fortes chaleurs et un déficit de pluies depuis avril, la France connait une situation de sécheresse « exceptionnelle » et « très préoccupante », qui pourrait encore s'aggraver.v« Nous vivons une situation de sécheresse (...) exceptionnelle par sa précocité », avec « près d'un mois d'avance », tout « comme par son intensité », a déclaré mercredi la ministre françaises de la Transition écologique Monique Barbut.

Actuellement, la quasi totalité des départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, « soit la totalité du territoire métropolitain », dont 43 sont au niveau de « crise ».

Avec 206 arrêtés préfectoraux en vigueur concernant l'eau, c'est le « niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013 », a indiqué la ministre lors d'une réunion d'une cellule de crise au ministère, à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, où la question de l'eau polarise les débats.

« Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales », a souligné Mme Barbut.v« J'ai 57 ans et il y a des sources que je n'avais jamais vu tarir, que mes parents n'avaient jamais vu tarir, et qui ont tari cette année début juin, alors qu'on a eu des fortes pluviométries en fin d'hiver et au printemps », a relaté à l'AFP Pascal Lerousseau, éleveur à Gioux dans la Creuse, dans le centre de la France.


Paysage désertique

« Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas », « proches des records », explique Mme Barbut. Au 15 juillet, l'humidité des sols a atteint un niveau « inédit si tôt dans la saison estivale, dépassant les niveaux de 1976, 2022 et 2025 à la même date », selon Météo-France.

La ministre a souligné que « les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal »: depuis début juin, les débits « diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire ».

« Près d'un tiers des points de mesure » sont en dessous des « minima observés ces 20 dernières années » et « un quart des petits cours d'eau » sont « à sec », une situation « inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012 », a souligné Mme Barbut.

Dans le Doubs (est), la rivière du même nom a disparu par endroits, laissant la place à un amas de roches sur plusieurs kilomètres.

« Avant ça pouvait arriver en août » mais « là, c'est plus tôt, plus long et plus fort », a expliqué à l'AFP Fabien Henriet, maire d'Arçon, petit village à 800 mètres d'altitude, où le lit de la rivière a laissé la place à un paysage désertique.

Cette situation « inédite » a des conséquences sur l'industrie - trois réacteurs de centrales nucléaires étaient toujours à l'arrêt mercredi - et l'agriculture.

« Je n'ai jamais vu la Creuse sèche comme ça. Avec la canicule, ça a tout cramé. (...) Ca a perturbé le calendrier agricole. Une perte de rendement sur les foins, sur les grains » et « les prairies sont des paillassons », a souligné M. Lerousseau, également président de la chambre d'agriculture de la Creuse.

Les nappes phréatiques sont dans une situation « plus favorable » en raison d'une recharge hivernale abondante, « mais cette réserve diminue rapidement », indique Monique Barbut, plaçant « l'accès à l'eau potable » en « première priorité ».


« Guerre de l'eau »

Quelque 100.000 habitants sont concernés par des ravitaillements en eau, mais « tout indique que cette situation continuera de se dégrader en l'absence de précipitations significatives dans les prochaines semaines », a averti Mme Barbut, appelant à la « vigilance », à la « sobriété » et à la « responsabilité ».

Au Parlement, le projet de loi d'urgence agricole actuellement en discussion « risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France », selon une note de la ministre publiée par le média Contexte.

Le texte prévoit notamment de faciliter la construction d'ouvrages de stockage d'eau et de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler d'ici 2035 la capacité de stockage de l'eau destinée à l'agriculture et d'assouplir de nombreuses contraintes environnementales.

Mme Barbut s'est déjà insurgée contre ce qu'elle considère comme une « priorité » donnée à l'usage agricole de l'eau au détriment par exemple de « l'eau potable et la sécurité civile ».

Des élus locaux ont aussi mis en garde contre une loi qui va démarrer « une guerre de l'eau ». La FNSEA, syndicat agricole dominant, juge elle « vital » le stockage de l'eau dans un pays où seules 7% des terres cultivées sont irriguées.

Cultures en souffrance, rivières à sec, restrictions d'usages de l'eau: après plusieurs épisodes de fortes chaleurs et un déficit de pluies depuis avril, la France connait une situation de sécheresse « exceptionnelle » et « très préoccupante », qui pourrait encore s'aggraver.v« Nous vivons une situation de sécheresse (...) exceptionnelle par sa précocité », avec « près d'un mois d'avance », tout « comme par son intensité », a déclaré mercredi la ministre françaises de la Transition écologique Monique Barbut.Actuellement, la quasi totalité des départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, « soit la totalité du territoire métropolitain », dont 43 sont au niveau de « crise ».Avec 206 arrêtés préfectoraux en vigueur concernant l'eau, c'est le «...