Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz lorsd'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, le 11 mars 2024. Photo d'archives AFP
Le ministre israélien de la Défense Israel Katz, a de nouveau affirmé, dans une interview au podcast d’un commentateur politique israélien, qu’Israël entendait maintenir sa zone d’occupation dans le sud du Liban et que les dizaines de milliers d’habitants des villages occupés ne pourront pas retourner sur leurs terres « avant très longtemps ».
« Ils n'y retourneront pas avant très longtemps, il faut le comprendre. La moitié de leurs maisons sont détruites, il n'y a plus d'habitants, il n'y a que des soldats et des maisons en ruines. Prenez ce modèle face à des organisations jihadistes, et vous gagnerez », a déclaré le ministre.
Israel Katz s’est également félicité que le sud du Liban a été dévasté de la même façon que la bande de Gaza. « Au Liban, j'avais dit en substance : le sud du Liban deviendra Gaza. Nous agirons selon le modèle de Rafah : nous y détruirons tout, nous les traiterons par d'autres moyens, et c'est ce que nous avons fait. (…) Il n'y a rien de ce que j'ai menacé de faire qui n'ait pas été mis à exécution. Ces déclarations ont un objectif : c'est le message que vous adressez à vos forces, le message que vous adressez à vos ennemis, puis vous mettez ces choses en œuvre », a-t-il poursuivi.
Le ministre de la Défense a également avancé que « 9 000 » membres du Hezbollah ont été tués par les attaques israéliennes depuis le début de la guerre en octobre 2023. « Ce que nous avons fait, c'est les détruire. Nous avons ordonné à l’armée de procéder à des destructions systématiques : avec des bulldozers et des explosifs, ils ont tout rasé », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Nous contrôlons environ 700 km² de territoire, soit presque deux fois la superficie de Gaza, où toutes les infrastructures sont détruites, où 90 % des maisons de 24 villages frontaliers au Liban ont été détruites. Il faut comprendre qu'il s'agit de 15 000 à 20 000 habitations », a-t-il énuméré, ajoutant que « plus aucune menace pour Metoula, Chtoula et toutes les autres localités frontalières » ne pourrait venir de cette partie du Liban.
Ces propos du ministre israélien interviennent alors que l’armée est censée amorcer son retrait des deux « zones pilotes » définies au Liban-Sud, destinées à repasser sous le contrôle de l’armée libanaise, tel que convenu dans l’accord-cadre signé fin juin entre le Liban et Israël.
Ce début de retrait progressif tarde toutefois à advenir, à l’heure où Tel-Aviv indique attendre qu’un nouveau mécanisme piloté par l’armée américaine soit mis en place pour coordonner les manœuvres entre les deux troupes.
Malgré le nouveau cessez-le-feu annoncé le 19 juin entre le Hezbollah et Israël, les tirs, les frappes aériennes et les dynamitages de l'armée israélienne n'ont pas cessé dans la zone occupée, alors que le bilan de l'offensive israélienne contre le Liban depuis la reprise de la guerre le 2 mars s'élève désormais à au moins 4 322 tués et 12 210 blessés selon le gouvernement libanais.
Israel Katz a également eu quelques mots sur la situation régionale, marquée ces derniers jours par un regain des tensions entre l’Iran et les États-Unis menaçant la pérennité du protocole d’accord annoncé le 14 juin à Islamabad. Il a ainsi affirmé qu’Israël est en capacité de relancer seul une guerre contre l’Iran, sans l’aide des États-Unis. « Le Premier ministre et moi-même avons donné instruction à l’armée de se préparer à une opération militaire israélienne indépendante contre l'Iran. Israël peut s’occuper de l’Iran seul si nécessaire », a-t-il dit.

