Le soleil se couche derrière la ligne d’horizon de Doha, le 29 juin 2026. Photo Karim JAAFAR / AFP
Sirènes d'alerte suivies d'explosions lointaines: les habitants de Bahreïn et du Koweït ont replongé dans l'angoisse mercredi après de nouvelles frappes de représailles iraniennes qui ont balayé les espoirs d'un retour à la normale.
Après avoir affirmé que le cessez-le-feu avec l'Iran était « terminé », le président américain Donald Trump a menacé de frapper « fort » l'Iran, ravivant les craintes d'une reprise durable des hostilités affectant les pétromonarchies du Golfe, alors que celles-ci ont fait de la stabilité l'un des piliers de leur prospérité économique. « Nous voulons retrouver une vie normale. Je dirige une entreprise et cette instabilité permanente ne m'arrange pas », confirme Adel Mohammed, un Bahreïni d'une soixantaine d'années. « Le fait que Bahreïn continue d'être la cible d'attaques iraniennes me met en colère. C'est totalement inacceptable », dit-il à l'AFP.
A Manama, des explosions ont été entendues aux premières heures de la matinée, tandis que les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à trois reprises. L'Iran a affirmé avoir visé des bases américaines à Bahreïn et au Koweït en représailles aux attaques menées par les Etats-Unis sur son sol, après des tirs contre des navires dans le détroit d'Ormuz, imputés à Téhéran. Les deux monarchies du Golfe, qui accueillent d'importantes installations militaires américaines, ont été ciblés à plusieurs reprises depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, même après l'annonce d'un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Les échanges de frappes semblent désormais suivre un scénario bien établi.
Le 28 juin, l'Iran avait déjà annoncé avoir frappé des bases américaines au Koweït et à Bahreïn en réponse à des bombardements américains sur son territoire, intervenus après une attaque iranienne contre un pétrolier dans le détroit d'Ormuz. Le 11 juin, quelques jours avant la signature d'un protocole d'accord destiné à mettre fin au conflit, Téhéran avait également visé les deux pays en représailles à des frappes américaines lancées après des attaques dans cette voie maritime stratégique.
« Angoisse »
Après le nouvel échange de frappes entre les deux camps, le président américain a déclaré mercredi que le cessez-le-feu avec l'Iran était « terminé », tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des discussions. « Nous ne voulons pas que la guerre revienne dans la région. Nous avons déjà traversé une période extrêmement difficile et nous ne voulons pas revivre une telle crise », dit Sawsan Deif, une saoudienne d'une cinquantaine d'années installée à Bahreïn.
Au Koweït, Ola Hashem, une Jordanienne, venait d'arriver pour rendre visite à ses proches, lorsqu'elle a été réveillée par les sirènes d'alerte. « Cette situation m'angoisse. Je pense repartir dès que possible », confie cette quadragénaire à l'AFP. Après une dizaine de jours d'accalmie, Sayed Mohammed, un Egyptien installé au Koweït, voulait croire « que le calme s'installerait durablement ». « Mais la reprise des attaques a ravivé l'inquiétude de la population », déplore-t-il en espérant « que cette crise trouvera rapidement une issue ».

