Le chef du CPL, Gebran Bassil. Photo AFP
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil, a appelé le Hezbollah à « se soumettre » à l'État, tout en accusant les autorités de « rester les bras croisés face aux crimes » israéliens, en référence à l’article 13 de l’accord-cadre signé le 26 juin à Washington et qui porte sur la renonciation, par le Liban aux poursuites contre Israël.
« Nous voulons que l'État soit le négociateur, qu'il exerce un contrôle exclusif sur la prise de décision et l'armement, et que le Hezbollah se soumette à lui. Mais nous ne voulons pas que (le Premier ministre israélien) Netanyahu répète après chaque action qu'il entreprend que l'État libanais nous a couverts », a dénoncé le leader du CPL dans une vidéo publiée mardi soir sur les réseaux sociaux. « Dans ce cas, où se situe la décision ? Elle se situe entre les mains d'Israël et de l'Iran, et non du Liban. Ce n'est pas ainsi que la décision devrait être prise », a-t-il ajouté. « Nous ressentons un danger plus grand que celui de la guerre, lorsque nous voyons des autorités incapables qui restent les bras croisés devant les crimes, et qui se sont même privées du droit de s'en plaindre », poursuit Gebran Bassil, ajoutant que les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont protesté contre cette clause, mais que « les autorités sont restées de marbre ».
« Existe-t-il une autorité qui refuse à une victime son droit à un recours légal, abandonne un accord de cessez-le-feu et la résolution 1701 de l’ONU, ainsi que ses alliés au sein du comité des cinq membres, pour ensuite accepter un accord-cadre avec un État avec lequel elle est toujours en guerre ? », a poursuivi Gebran Bassil.
L'article 13 de l'accord, qui dispose que les deux États s'engagent à « arrêter tous les actes hostiles ou préjudiciables dans les instances politiques ou juridiques internationales » l'un contre l'autre, a été la source d’une vive controverse dans les milieux politiques et juridiques, dénonçant une disposition privant l’État libanais de son droit de poursuivre Israël devant les juridictions internationales pour les nombreux crimes de guerre et violations du droit international présumés commis au Liban depuis le début de la guerre en octobre 2023.
Le chef du CPL a par ailleurs mis en garde contre le fait de « mettre l'armée en confrontation avec une partie de la population et donner à Israël le droit de dicter ses conditions, lui permettant d’agir, de tuer, de détruire et de prendre des décisions en vue d’un éventuel redéploiement après la mise en place des dispositifs de sécurité qu’il nous imposerait ».

