L'ancien maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, s'adresse à ses partisans à la veille des élections municipales, à Istanbul, en Turquie, le 30 mars 2024. Photo AFP
Le maire emprisonné d'Istanbul et principale figure de l'opposition, Ekrem Imamoglu, doit présenter sa défense mercredi lors de la 64e audience de son procès pour « corruption », en pleine tenue d'un sommet de l'OTAN à Ankara, a annoncé son avocat. M. Imamoglu comparaît depuis le 9 mars devant le tribunal installé dans l'enceinte de la vaste prison de Silivri, dans l'ouest d'Istanbul, où il est détenu depuis mars 2025, en même temps que 414 coaccusés dont 59 également en détention provisoire.
Lors d'une précédente audience le 2 juillet, M. Imamoglu avait été accusé de perturber les travaux et sorti de la salle après un vif échange avec le président du tribunal concernant l'ordre et le calendrier des plaidoiries de la défense, a dénoncé son défenseur Tora Pekin. Le juge a annoncé mardi en pleine audience, en l'absence du maire, que ce dernier serait appelé à la barre « pour présenter sa défense dans l'après-midi du 8 juillet » rapporte le quotidien proche de l'opposition Bir GÜn. Le président du tribunal a fait savoir que M. Imamoglu « pourrait être de nouveau écarté s'il perturbe le bon déroulement de l'audience ».
Ekrem Imamoglu, 55 ans, a été investi le jour de son incarcération comme candidat de son parti (CHP, social-démocrate), principale formation de l'opposition, à la présidentielle de 2028. Il apparait à ce jour comme le mieux placé pour vaincre le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan, si celui-ci se représente. Le président élu du CHP, Özgür Özel, devrait assister à l'audience ainsi que de nombreux soutiens du maire.
Dans une déclaration publiée sur un compte X intitulé « Bureau du candidat à la présidence », Ekrem Imamoglu dénonce « une violation très grave de (ses) droits et le comble de l'injustice ». « Le tribunal restreint et ignore les arguments présentés pour leur défense par les personnes les plus lourdement visées par l'acte d'accusation et ceux de leurs avocats. » « Ceci prouve que toute l'affaire de la municipalité métropolitaine d'Istanbul s'est effondrée et se transforme en une série de décisions extrajudiciaires. »
M. Imamoglu, réélu avec panache en mars 2024 à la tête de la plus grande ville de Turquie, est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel qualifié de « pieuvre », ce qu'il réfute. Visé par 142 chefs d'inculpation, il encourt 2.430 années de prison.

