Les lauréats du Prix Entrepreneur ESA-HEC 2026, Lamice Joujou, Malek Fatté et Razane Jammal, aux côtés de Clara Maria Tadros, responsable de la communication chez Smart ESA, Karl Gedda, directeur de Smart ESA, et Francesco Bakhos, project manager Smart ESA, à l’ESA Business School, le 3 juillet 2026. Photo ESA Business School
Le Prix Entrepreneur ESA-HEC 2026 a été remporté vendredi par la start-up Storyland, choisie par le jury chargé de départager les douze finalistes en lice dans la 7e édition de ce concours, lancé au printemps dernier. Le prix, organisé par L’Orient-Le Jour et Smart ESA, en partenariat avec l’ambassade de France, la French Tech Beyrouth, HEC Paris Alumni Liban, Air France et Light FM, a été remis à l’ESA Business School à Beyrouth à l’issue des délibérations auxquelles a notamment participé le directeur de Smart ESA, Karl Gedda.
Avant les pitchs, la directrice exécutive de L’Orient-Le Jour, Rima Abdul Malak, a souligné le fait que ce concours avait pu être maintenu malgré la situation sécuritaire délétère que connaît le pays depuis plusieurs mois en raison de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Le directeur général de l’ESA, Maxence Duault, a signé avec Smart ESA un protocole d’accord avec le réseau HEC Alumni Liban, présidé par Elsa Aoun, centré sur le mentorat.
Storyland a été fondée par Malek Fatté, avec le soutien de l’actrice libano-britannique Razane Jammal, investisseuse dans le projet et ambassadrice de la marque, ainsi que de Lamice Joujou, investisseuse, responsable de la distribution B2B de la start-up et fondatrice de la chaîne libanaise de garderies Dents de lait. La start-up a développé une application capable de générer, grâce à une combinaison de plusieurs modèles d’intelligence artificielle, des histoires personnalisées (des « stories » mêlant narration audio et images fixes) destinées à renforcer le lien entre les enfants et leurs parents.
L’une des fonctionnalités les plus innovantes de l’application consiste à pouvoir cloner en quelques secondes la voix d’un utilisateur afin de l’utiliser ensuite pour la narration de l’histoire. Selon Malek Fatté, l’application combine plusieurs modèles d’IA : ChatGPT (OpenAI) pour la génération du texte, Nano Banana (Gemini/Google) pour les images et illustrations, et le modèle chinois MiniMax pour la narration audio et le clonage des voix. Autre atout pour le public arabophone, l’application est capable de reproduire plusieurs dialectes.
Diaspora ciblée
L’application est déjà disponible sur iOS et Android sous le nom Storyland : Family Stories. Son téléchargement est gratuit, mais un abonnement est nécessaire pour débloquer l’ensemble des fonctionnalités, notamment la possibilité de créer des vidéos plus longues. L’Orient-Le Jour a pu confirmer que la fonctionnalité de clonage vocal est pleinement opérationnelle.
Le public visé comprend aussi bien les parents vivant au Liban que les membres de leur famille installés à l’étranger, une situation particulièrement fréquente dans un pays marqué par l’importance de sa diaspora. Un enfant peut ainsi écouter une histoire illustrée dont le texte est lu avec la voix de son père, de sa mère ou de tout autre membre de sa famille.
Le prix remporté par Storyland à l'issue du concours, à savoir les six mois d'incubation tous frais payés à l’Incubateur HEC Paris, situé à Station F, le plus grand incubateur mondial de start-up, va permettre à son équipe de développer l'application afin de le commercialiser auprès des garderies, crèches et autres établissements similaires. Les « stories » créées pourront ainsi transmettre aux parents, en images et en son, les accomplissements, les étapes-clés et les événements marquants de la journée de leurs enfants. Le passage par l'Incubateur HEC Paris a vocation à accélérer le développement (scale-up) de la start-up lauréate en lui permettant de tirer profit du réseau de contacts de la French Tech.
Les 11 autres candidats, parmi lesquels figure Novai, ont présenté des projets très innovants, majoritairement centrés sur le numérique et les technologies d’IA, à l’exception de deux initiatives plus « organiques » : VerdePlastix, qui valorise une algue envahissante en bioplastique, et Argentum, qui propose une méthode d’extraction des résidus d’argent à partir des films de radiologie.
Le prix du public a été décerné à United Network of Global Youth, qui ambitionne de construire un réseau international conçu pour permettre aux étudiants universitaires de concevoir, mettre en œuvre et valider de véritables initiatives sociales, et qui fonctionne comme un système d’autogouvernance dans lequel les étudiants obtiennent des certifications vérifiées, validées par des milliers de leurs pairs plutôt que par des comités institutionnels.
Parmi les autres candidats ayant misé sur des solutions numériques, Bariq a présenté une plateforme de veille médiatique basée sur l’intelligence artificielle, dotée de fonctions analytiques avancées et d’une interface à l’ergonomie optimisée pour les médias, les think tanks ou encore les universités. Al-Muwaten a développé un modèle de site d’actualité centré sur l’écosystème des start-up, afin de renforcer leur visibilité et de rapprocher les entrepreneurs en recherche de financement des potentiels investisseurs. Hakkemni a mis au point une plateforme intelligente de mise en relation entre patients et médecins au Liban. Rcover-ai propose un assistant IA qui automatise la rédaction des comptes rendus pour les professionnels de la santé mentale. Coollab.ai a présenté une plateforme permettant aux entrepreneurs de gérer une entreprise virtuelle avec une équipe d’IA jouant différents rôles en amont de la création d’une société. Seyerne propose une plateforme qui transforme les connaissances d’experts en mentors IA interactifs. Enfin, Neuracare a imaginé une application de suivi en temps réel des réactions aux traitements.




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