Une base des Nations unies dans le sud du Liban, près de la frontière entre Israël et le Liban, le 1er juillet 2026. Photo Jack Guez / AFP
Israël n’a toujours pas desserré son étreinte au Liban-Sud, dont il occupe plusieurs centaines de kilomètres carrés, même si le nombre de ses attaques et opérations militaires pendant la journée de jeudi a été relativement faible, après une nuit où ses soldats ont multiplié les dynamitages et incendies de bâtiments dans plusieurs villages du caza de Bint Jbeil. Selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah, les détonations étaient entendues de très loin.
Une opération de ratissage de grande envergure, impliquant l’utilisation de mitrailleuses moyennes, a particulièrement visé la localité de Majdel Zoun (Tyr) et un drone a largué une grenade sonore sur le village de Mansouri et ses environs, également à Tyr, a rapporté notre correspondant. Un autre drone a visé une forêt au niveau de la colline stratégique de Ali el-Taher (Nabatiyé) en milieu d’après-midi, tandis que l’artillerie frappait la localité de Beit Yahoun (Bint Jbeil) et une personne était blessée par l’explosion d’un objet non identifié à Majdel Selm (Marjeyoun).
Sur le réseau X, l'armée israélienne a déclaré avoir tué un membre du Hezbollah après l'avoir « identifié à sa sortie d'un puits d'accès à un réseau de tunnels souterrains sur la crête de Ali el-Taher, dans la zone de sécurité du Liban-Sud où opèrent des soldats israéliens ». En début de soirée, deux frappes de drone ont touché Nabatiyé el-Faouqa, près de l'hôpital Ghandour. Les ambulances des scouts Al-Rissala, affiliés au mouvement chiite Amal, ont été dépêchées sur les lieux, mais aucune victime n'a été annoncée. Une troisième frappe a touché Kfar Tebnit, dans le caza de Nabatiyé. Un peu plus tard, un drone kamikaze israélien a explosé au-dessus de Yater, puis un autre drone israélien a lancé plusieurs missiles sur la localité de Baraachit, deux localités de Bint Jbeil. Vers 21h, plusieurs tirs d'artillerie israéliens ont visé la périphérie d'Arnoun el-Chkif (Nabatiyé).
La nuit de mercredi à jeudi a été autrement plus intense, avec d’importants dynamitages à Beit Yahoun, Aïnata et Haddatha, dans le caza de Bint Jbeil, où des bâtiments ont été incendiés. Vers 1h du matin, une grande explosion, également provoquée par un dynamitage, a eu lieu encore à Beit Yahoun. Le feu n’était toujours pas éteint à l’aube et le bruit des détonations a persisté dans plusieurs villages frontaliers jusqu’aux premières heures du matin. À la levée du jour, l'armée israélienne a repris les dynamitages dans le caza, notamment à Kounine.
En fin de journée jeudi, les sirènes d’alerte ont retenti dans le nord d’Israël, pour la première fois depuis une période remontant à avant la signature de l’accord-cadre entre Israël et le Liban le 26 juin, mais il s'agissiat d'une fausse alerte. Le Hezbollah, proxy de l’Iran, avait globalement cessé ses attaques contre le territoire israélien après la signature du protocole d’accord entre la République islamique et les États-Unis, ouvrant une période de trêve de 60 jours devant servir à négocier une cessation durable des hostilités déclenchées le 28 février.
Damas ouvert à une rencontre avec le Hezbollah
C’est dans ce contexte que le sujet de l’accord-cadre signé le 26 juin entre Israël et le Liban a été mis sur la table pendant plus d’une heure lors d’une réunion du Conseil des ministres où, selon une source ministérielle, les ministres chiites Amal-Hezbollah (Rakan Nassereddine, Mohammad Haïdar et Tamara Zein) ont exprimé des « réserves » sur cet accord avec Israël.
Le président Joseph Aoun a, lui, défendu jeudi les négociations avec Israël, affirmant qu’il ne céderait « pas un seul pouce du territoire libanais », selon la présidence. Le ministre israélien de la Défense Israel Katz avait déclaré mercredi que l’armée israélienne resterait « jusqu’à nouvel ordre » dans ce qu’elle qualifie de « zones de sécurité » au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.
Pour sa part, le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad el-Chaïbani a déclaré, lors d’une visite à Beyrouth jeudi, que Damas était ouvert à une rencontre avec le Hezbollah « si les intérêts l’exigent », a rapporté l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Nouveau bilan des victimes
Le dernier bilan des victimes de la guerre publié par le ministère libanais de la Santé indique qu’au moins 4 298 personnes ont été tuées par l’armée israélienne – soit une de plus par rapport au précédent bilan – depuis le 2 mars, date de la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël. Le parti pro-iranien devrait organiser les funérailles de plusieurs de ses miliciens, dont dix devraient être enterrés dans leur village, à Touline, Marjeyoun, et un autre à Aïnite, Tyr. La municipalité de Nabatiyé a démenti de « fausses informations relayées sur certaines plateformes de médias sociaux et groupes WhatsApp », qui prétendent que les corps de quatre personnes seraient ensevelis sous les décombres de l’antenne de la Banque du Liban (BDL) dans cette localité, bombardée par l’armée israélienne le 20 juin dernier.
Mercredi soir, les conseils municipaux de Froun et de Zaoutar el-Gharbiya (Bint Jbeil) avaient annoncé dans deux communiqués simultanés leur rejet des informations faisant état de leur inclusion dans ce qu’on appelle des « zones tampons », une appellation que l’on trouve dans l’accord-cadre négocié à Washington par le Liban et Israël, qualifiant ainsi les zones dont l’armée israélienne devrait se retirer pour laisser la place à l’armée libanaise. Les deux conseils municipaux ont demandé qu’il y ait « une meilleure description de la situation, et des appellations plus précises en vue d’un retrait effectif de l’armée israélienne, ainsi qu’un arrêt des violations de la trêve et du dynamitage de maisons ».



Pour les souverainistes, l’accord-cadre négocié à Washington mène au retrait israélien et à un État fort