Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’entretient avec le roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al Khalifa lors de sa visite au Moyen-Orient consacrée à des discussions sur l’accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran avec les alliés du Golfe, au palais d’Al-Sakhir, près de Zallaq (Bahreïn), le 25 juin 2026. Agence de presse de Bahreïn / document distribué via Reuters.
Les États-Unis et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont réaffirmé jeudi à Manama leur attachement à « la souveraineté, la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale du Liban », appelant au désarmement des groupes armés non étatiques et saluant les négociations en cours entre Beyrouth et Tel-Aviv sous médiation américaine.
La réunion ministérielle conjointe entre le CCG et les États-Unis s’est tenue sous la coprésidence du secrétaire d’État américain Marco Rubio et du ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif ben Rachid Al-Zayani, président en exercice du Conseil ministériel du CCG. Y ont participé les ministres des Affaires étrangères des pays du Golfe, ainsi que le secrétaire général du CCG, Jassem Al-Budaiwi.
Le monopole des armes et la délimitation des frontières
Dans un communiqué conjoint, les participants ont salué les pourparlers bilatéraux entre Israël et le Liban, estimant qu’ils visent à « créer les conditions nécessaires à la conclusion d’un accord de paix et de sécurité durable entre les deux pays ». Ils ont insisté sur la nécessité de « préserver le processus de négociation et de ne pas le lier à d’autres conflits ».
Les ministres ont également soutenu une « approche visant à restaurer la sécurité, étendre l’autorité de l’État libanais et délimiter des frontières permanentes ». Ils ont affirmé que « la pleine souveraineté du Liban ne peut être réalisée tant que des groupes armés non étatiques conservent des capacités militaires en dehors de l’autorité de l’État », appelant en conséquence au désarmement de ces groupes et au rétablissement du monopole des armes à l'État, tout en soulignant l’importance du soutien à l'armée libanaise.
La République islamique, parrain du Hezbollah, a fait du dossier libanais un des points centraux de ses négociations avec les États-Unis, alors que le Liban et Israël mènent leurs propres pourparlers directs, sous égide américaine à Washington. Le 17 juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d'accord mettant fin aux hostilités sur tous les fronts dans la région, y compris au Liban. Ce texte souligne que les deux parties « se sont engagées à garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban. » La question du retrait israélien est également au cœur des discussions à Washington, et notamment la proposition de créer des « zones pilotes » dont se retireraient les Israéliens contre un déploiement de l'armée libanaise.
L'Iran a déclaré pour sa part vendredi que la déclaration conjointe des États-Unis et du Conseil de coopération du Golfe contenait des positions « interventionnistes, irresponsables et provocatrices », et a affirmé que la présence militaire américaine dans le Golfe était une source d'insécurité et de division dans la région.
Le ministère libanais des Affaires étrangères a salué pour sa part la déclaration conjointe du CCG et des États-Unis, disant attacher « une grande importance aux dispositions de cette déclaration relatives au Liban, notamment à la reconnaissance des négociations en cours entre le Liban et Israël sous l'égide des États-Unis, à l'accent mis sur la nécessité de maintenir le processus de négociation et de ne pas le lier à d'autres conflits, ainsi qu'à l'affirmation que la pleine souveraineté du Liban ne peut être atteinte tant que des groupes armés non étatiques conservent des capacités militaires », indique un communiqué, ajoutant que le texte appelle également « au désarmement complet de ces groupes et à l'octroi à l'État libanais du monopole de l'usage de la force ».
Soutien à la Syrie et reconstruction à Gaza
Plus largement, la réunion à Manama a porté sur les principaux dossiers régionaux. Les ministres ont salué la signature du protocole d'accord entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin, tout en appelant à poursuivre les négociations afin « d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire sous quelque forme que ce soit » et de contenir « ses activités balistiques, ses drones et son soutien aux groupes mandataires dans la région » Ils ont également insisté sur l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, où la liberté de navigation a été qualifiée d’« essentielle à la sécurité régionale et mondiale », rejetant toute tentative de restriction ou de contrôle du passage maritime.
Sur le dossier syrien, les participants ont « exprimé leur soutien au peuple syrien pour construire un État stable, sûr, inclusif et souverain, pleinement intégré dans son environnement régional, et ont affirmé leur engagement envers la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie ». Ils ont appelé à une transition incluant la lutte contre le terrorisme, la restauration des services publics et le retour volontaire des réfugiés.
Concernant Gaza, les ministres ont réitéré leur soutien au plan global présenté par le président américain Donald Trump pour mettre fin au conflit, et M. Rubio a salué la participation des pays du CCG aux efforts de stabilisation et de reconstruction. Les ministres ont aussi appelé au « désarmement des groupes armés non étatiques » dans l’enclave palestinienne et le transfert de « la responsabilité à un comité civil palestinien technocratique indépendant ».
Le communiqué a enfin condamné les attaques de groupes pro-iraniens en Irak contre les intérêts des pays du Golfe, appelant Bagdad à renforcer le contrôle de l’État sur les armes et à garantir la sécurité des missions diplomatiques.

