Des chars israéliens déployés le long de la frontière avec le sud du Liban le 22 juin 2026. Photo Jalaa MAREY / AFP
Deux personnes ont été tuées mardi par l’armée israélienne au Liban-Sud, après trois jours de calme relatif en marge du début effectif, en Suisse, des négociations entre l’Iran et les États-Unis visant à tenter de transformer le cessez-le-feu actuel en un accord de paix régional durable.
Le drame a eu lieu à Nabatiyé el-Faouqa, localité du caza de Nabatiyé, où l’armée israélienne aurait tiré sur des civils venus inspecter leurs habitations dans le quartier d’el-Daïr, selon les informations du chef de la municipalité, Zain Ghandour, que notre correspondant Mountasser Abdallah a contacté.
Le premier bilan faisait état de trois blessés, dont deux grièvement atteints, qui ont finalement succombé à leurs blessures, selon une source médicale de l’hôpital Najda Chaabiya où ils avaient été transportés.
Ce sont les deux premières victimes des tirs israéliens depuis la suspension de l’offensive de Tel-Aviv, sous la pression exercée par l’Iran, qui a rappelé une nouvelle fois lundi, par la voix de son ambassadeur à l’ONU Ali Bahreini, que le Liban constituait une « ligne rouge » à ne pas franchir pour Washington et son allié israélien. Le même jour, le Premier ministre israélien a affirmé que l’armée israélienne resterait dans les zones qu’elle occupe au Liban-Sud aussi longtemps que nécessaire, et y conserverait sa liberté d’action. En parallèle, un nouveau round de négociations directes entre le Liban et Israël doit débuter mardi à Washington.
Le Hezbollah a réagi dans un communiqué, accusant Israël d’avoir violé la trêve de façon « flagrante », affirmant être dans son droit de « se défendre ». Le mouvement a précisé que des soldats israéliens avaient ouvert le feu vers 11h30 depuis des habitations où ils étaient embusqués. Il a ajouté que les personnes visées travaillaient à rouvrir les routes et à extraire les dépouilles des martyrs encore ensevelies sous les décombres. Il a enfin précisé qu'une des personnes tuées était un employé de la municipalité.
Une autre violation israélienne du cessez-le-feu a eu lieu à Hadatha, dans le caza de Bint Jbeil : l’armée israélienne a tiré sur une procession funéraire qui se dirigeait vers le cimetière de la localité. Selon le chef de la municipalité, Eid Mansour, les habitants du village se préparaient, en coordination avec la Croix-Rouge, à organiser les funérailles et l’inhumation de deux habitants, après avoir obtenu via l’armée libanaise une autorisation du « mécanisme », le comité de coordination du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, organisme créé dans le sillage du premier cessez-le-feu conclu en novembre 2024 pour mettre fin à la précédente guerre entre les deux belligérants. L’armée israélienne aurait ouvert le feu au moment où les participants arrivaient à l’entrée du village. Les deux corps ont ensuite été transférés et enterrés temporairement à Tebnine (Bint Jbeil). En marge de cet incident, l’armée israélienne a positionné trois chars Merkava et un bulldozer à l’entrée du cimetière.
Trois incidents ont également été signalés entre la matinée et le début de l’après-midi : de petits drones israéliens ont largué des grenades assourdissantes à la périphérie de Baraashit et d’Aïta al-Jabal (caza de Bint Jbeil), rapporte notre correspondant dans le Sud.
Avant ces incidents, la nuit avait été globalement calme malgré quelques attaques : des drones israéliens ont largué des grenades assourdissantes au-dessus de Nabatiyé, à l’entrée menant aux villages de Zaoutar el-Charqiyé et Zaoutar el-Gharbiyé, ainsi qu’au-dessus de Nabatiyé el-Faouqa, Kfartebnit, Hadatha et Kfar Remmane, dans le caza de Nabatiyé. Trois obus d’artillerie ont également été tirés aux abords de Mansouri (Tyr). Vers deux heures du matin, l’armée israélienne a aussi tiré à la mitrailleuse dans plusieurs quartiers de la localité de Khiam, dans le caza de Marjeyoun.
Le retour des déplacés s’est en revanche poursuivi, nombre d’entre eux se contentant d'inspecter leurs habitations et leurs biens, dans l’attente de l’évolution de la situation sécuritaire. Les dégâts estimés à 1,38 milliard de dollars et 11 000 bâtiments ont été détruits, selon une étude publiée conjointement par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), d’après une « évaluation rapide » basée sur la comparaison d'images satellite de fin avril et d'octobre 2025.


