Un cratère creusé par un dynamitage de l'armée israélienne sur une colline de Qantara, vue depuis le village de Ghandouriyé, au Liban-Sud, le 16 juin 2026. Photo Kawnat HAJU / AFP
Israël mène actuellement des discussions « acharnées » avec les États-Unis afin de maintenir le déploiement de ses forces au Sud-Liban, où elle tente de prendre le contrôle des hauteurs dites d'Ali el-Taher, à la périphérie de Nabatiyé et occupe une « zone tampon » d'environ 600 km2 le long de la frontière.
Deux responsables israéliens dont un officiel proche du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, ont affirmé à Reuters, sous couvert de l'anonymat, que des négociations étaient en cours entre Washington et Tel-Aviv pour que l'armée israélienne maintienne son « déploiement » au Liban-Sud, alors que le protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis prévoit un arrêt des hostilités au Liban et un engagement des deux parties à « garantir (son) intégrité territoriale et la souveraineté ». L'une de ces sources israéliennes a indiqué que l'Etat hébreu ne reviendrait pas sur ses positions, notamment sur le maintien des forces déployées au sud du fleuve Litani. Un second responsable israélien a indiqué que l'issue des discussions dépendrait en définitive de la volonté du président américain Donald Trump de « forcer la question », notamment en menaçant Israël de conséquences s'il ne respectait pas les termes du protocole d'accord conclu avec l'Iran. Selon cette source, tout dépendra donc de la décision de M. Trump d'exercer — ou non — une pression directe sur Israël afin qu'il se conforme aux engagements prévus par cet accord. Depuis le G7, M. Trump avait indiqué avoir un « formidable partenariat » avec Benjamin Netanyahu, qualifiant leur désaccord sur le Liban de « petit différend ». Sur « la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu », a reconnu Donald Trump depuis Evian, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le Hezbollah au Liban. « C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit », a-t-il poursuivi.
Sur le terrain, trois personnes ont été tuées dans deux frappes israéliennes de drone sur la périphérie de Nabatiyé, à Zebdine (à l'ouest de la ville) et Kfartebnit (au sud-est), selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Deux personnes, un Libanais et un Syrien, ont en outre été blessés à Beit Yahoun, dans le caza de Bint Jbeil, lorsqu'un drone de l’armée israélienne a lancé une bombe près de civils dans le village.
Au cours des dernières heures, les attaques israéliennes se sont concentrées dans la région de Nabatiyé, alors que des échanges de tirs ont lieu entre les forces occupantes et le Hezbollah. Dans la nuit, des informations de notre correspondant ont fait état d’une tentative du Hezbollah d’abattre à la mitrailleuse un hélicoptère israélien effectuant une mission de reconnaissance aux abords de la colline stratégique de Ali al-Taher qui surplombe toute la région, et dont les Israéliens tentent de prendre le contrôle. L’hélicoptère a été pris pour cible par un missile sol-air, ce qui l’a contraint à se retirer de la zone, selon des sources locales. Plusieurs missiles ont également été tirés sur des véhicules israéliens aux abords de Kfartebnit. Le Hezbollah n'a pas revendiqué ces attaques. Toujours dans cette région, les localités de Kfar Remmane, Habbouche et Kfar Joz ont été la cible, pendant la nuit, de tirs d’artillerie qui ont provoqué des incendies. À minuit, les forces israéliennes avaient tiré à la mitrailleuse en direction de la zone de Wadi al-Slouki et des abords de la localité de Houla (Marjeyoun).
L'armée israélienne a de son côté annoncé jeudi matin la mort d'un de ses soldats, la veille, lors d'un incident au Sud-Liban au cours duquel sept autres militaires ont été blessés. Le soldat, un sergent-chef de 29 ans, « est tombé au combat dans le sud du Liban », a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué, sans préciser la localisation de l'incident.

