Un drapeau du Hezbollah flottant sur le toit d'une voiture passant devant un panneau à l'effigie du président Joseph Aoun, au milieu du flot de déplacés rentrant dans le sud à la suite de l'annonce d'un cessez-le-feu au Liban prévu dans l'accord entre l'Iran et les États-Unis, à Saïda, au Liban-Sud, le 15 juin 202. Photo AFP
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé mercredi que « le processus des négociations » avec Israël est « indépendant » de l'accord annoncé entre Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Le Liban mène depuis avril des négociations directes avec Israël sous l'égide de Washington, qui sont rejetées par le Hezbollah pro-iranien, et répète vouloir les dissocier.
Mais l’annonce par l’Iran et le médiateur pakistanais que l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre un terme à la guerre dans la région incluait le front libanais a rebattu les cartes. « Les assurances que nous avons reçues et ce sur quoi nous insistons, est que le processus des négociations est indépendant, même si nous appuyons certainement le cessez-le-feu et tout pays qui nous vient en aide, y compris l'Iran », a assuré le président dans un communiqué.
Il a toutefois ajouté que son pays ne tolèrerait pas « d'ingérence » dans ses affaires internes. « L'Etat libanais est maître de ses décisions et mène pour la première fois les négociations, sans que personne ne négocie pour lui », a insisté Joseph Aoun. Une cinquième session de négociations est prévue le 22 juin à Washington entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, qui a fait une allocution télévisée mercredi a estimé que les négociations menées par le Liban avec Israël depuis avril sous l’égide de Washington, jusque-là rejetées par son parti, devaient se limiter à « la sécurité mutuelle ». Il a aussi qualifié l’accord annoncé entre Washington et Téhéran de « grande victoire » pour Téhéran et de « moment charnière » pour le Liban.
De son côté, le président du Parlement, Nabih Berry, a reçu mercredi à Aïn el-Tiné le commandant en chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général Diodato Abagnara, et réaffirmé « l’importance du maintien de cette force conformément au mandat qui lui est confié par la résolution 1701 jusqu’à sa pleine application », ainsi que son soutien « à l’armée libanaise dans sa mission de déploiement jusqu’à la frontière internationale dès la fin de la guerre israélienne contre le Liban et le retrait des forces israéliennes derrière la frontière internationalement reconnue ».
Depuis l'annonce de l'accord, qui doit être signé vendredi en Suisse, le Hezbollah a réduit la fréquence de ses tirs contre l'armée israélienne. Les frappes israéliennes ont également diminué mais elles ont tout de même fait cinq morts depuis lundi, selon les autorités libanaises. Le Liban avait été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah avait tiré le 2 mars des roquettes contre Israël, qui a riposté par des bombardements aériens ayant fait plus de 3.800 morts et une offensive terrestre dans le sud du pays, où des troupes occupent une partie du territoire.

