Vue sur Hebbariyé, village du Arkoub situé à proximité de Kfarchouba, au Liban-Sud. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le président de la municipalité de Kfarchouba (caza de Hasbaya), Kassem Qadri, a confirmé à notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah qu’un membre du conseil municipal, Mohammad Hassan el-Hage, ainsi qu’un employé de la municipalité, Ahmad Salah Diab, avaient été enlevés ce matin vers 10 heures alors qu’ils faisaient fonctionner une pompe à eau à l'extérieur du village.
M. Qadri a expliqué que les deux hommes s’étaient rendu au puits à 9 heures, comme ils le font chaque jour, afin de pomper de l'eau vers le village et de remplir de mazout le réservoir de la pompe. Une patrouille israélienne serait alors descendue de sa position surplombant Kfarchouba et les aurait enlevés. « Lorsqu’ils ont tardé à revenir, nous sommes allés voir ce qu’il en était et avons constaté qu’ils n’étaient plus sur place. Nous avons également remarqué que le travail n’avait pas été terminé, ce qui indique qu’ils ont été enlevés avant d’avoir pu accomplir leur tâche. Nous avons aussi retrouvé le pick-up sur les lieux, avec les portières ouvertes et les clés à l’intérieur », a-t-il ajouté. Il a poursuivi : « Nous avons attendu un certain temps, puis je me suis rendu sur place avec le mokhtar (responsable local, Ndlr) du village et un autre employé. Nous avons alors achevé la mission : nous avons pompé l’eau vers le village et rempli le réservoir de mazout du moteur. »
Selon lui, les renseignements de l’armée libanaise ainsi que la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) ont été contactés. Cette dernière aurait entrepris des démarches par l’intermédiaire de son quartier général de Naqoura. Un message a également été adressé au bureau du Premier ministre pour l’informer de l’incident. « Depuis lors, nous n’avons reçu aucune information concernant leur sort ou leur situation », a conclu M. Qadri.
Interrogée par le bureau de l'AFP à Jérusalem, l'armée israélienne a indiqué « examiner » ces informations.
Ce type d'opérations de l'armée israélienne n'est pas inédit. Dans le contexte de guerre au Liban-Sud depuis près de trois ans, l'armée israélienne a enlevé à plusieurs reprises des habitants, voire responsables, dans des villages frontaliers, souvent situés dans la région du Arkoub, même pendant le cessez-le-feu de quinze mois entre novembre 2024 et mars 2026. Certains avaient été relâchés le jour même, tandis que d'autres sont toujours détenus. Il n'existe pas de données officielles sur le nombre de Libanais détenus en Israël, à la suite de la reprise de la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël en mars.


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