Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, quitte une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec le président chypriote et dirigeant chypriote grec, Nikos Christodoulides, et le dirigeant chypriote turc, Tufan Erhurman, dans un complexe des Nations unies situé dans la zone tampon contrôlée par l'ONU, près de l'aéroport de Nicosie, dans la capitale divisée de Chypre, le 29 juillet 2026. Photo Yiannis Kourtoglou/Reuters
Le Conseil de sécurité de l'ONU a lancé jeudi le processus de sélection du futur secrétaire général de l'instance, en organisant un premier « vote indicatif » permettant d'évaluer les chances de chacun des sept candidats pour ce poste sensible dans un monde fragmenté.
Quatre femmes et trois hommes tentent à ce jour de succéder à Antonio Guterres, qui terminera le 31 décembre son deuxième mandat de cinq ans: la Chilienne Michelle Bachelet, l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan, l'Ougandais Olara Otunnu, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall.
« Les candidats seront informés des résultats par l'intermédiaire des représentants permanents respectifs des États membres qui les ont désignés. La présidente de l'Assemblée générale sera également informée de la tenue du scrutin », a indiqué à son issue le président du Conseil, le représentant de République démocratique du Congo, Zenon Ngay Mukongo. Comme attendu, celui-ci a refusé de partager les résultats, se contentant de déclarer que « tout le monde se débrouille bien ». « Le vote indicatif pourrait révéler des candidats qui ne sont pas viables, leur permettant de se retirer avec dignité », a indiqué à l'AFP Richard Gowan, de l'International Crisis Group. « Je serais surpris si un candidat émerge avec un avantage décisif », a-t-il ajouté.
Pas de clair favori
A 10h30 locales (14h30 GMT), les 15 membres du Conseil se sont réunis à huis clos. Chaque Etat devait anonymement assigner à chaque candidat une mention « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». « C'est le début important du processus, il est important que nous choisissions le meilleur (candidat) », a commenté l'ambassadeur pakistanais, Asim Iftikhar Ahmad, face aux médias avant la réunion.
Après le vote, le représentant américain Mike Waltz a dit « laisser le processus suivre son cours » et appelé l'ONU à avoir « moins de monde en son siège et plus sur le terrain ». Si le nom du patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique Rafael Grossi est très souvent cité, les observateurs estiment qu'il n'y a pas de clair favori dans cette course qui pourrait encore durer plusieurs mois. Peu se risquent à un pronostic sur son issue, le sort des candidats étant de fait entre les mains des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), qui n'ont pas indiqué leurs préférences. Même si l'un d'eux obtient le soutien requis de neuf membres du Conseil -- qui choisit le futur chef de l'ONU, avant que son nom soit approuvé par l'Assemblée générale--, il devra également éviter un veto d'une de ces cinq grandes puissances très divisées sur la plupart des sujets de politique internationale.
Pour le premier tour, tous les bulletins devaient être de même couleur. A partir d'un nombre de scrutins non défini à l'avance, les bulletins des cinq membres permanents seront d'une couleur différente, permettant d'identifier de possibles vetos sans savoir de qui. La date du prochain tour sera fixée « dans les prochains jours », a fait savoir le président du Conseil.
L'Amérique latine revendique le poste
Selon une tradition géographique pas toujours respectée, l'Amérique latine revendique cette fois le poste, ce qui explique que la majorité des candidats soient originaires de ce continent. De nombreux Etats poussent également pour qu'une femme prenne pour la première fois la tête de l'ONU. Il s'agit des deux « priorités » du Panama, a fait savoir à l'AFP son représentant, Eloy Alfaro de Alba.
Six des candidats ont été auditionnés en public par l'Assemblée générale et en privé par le Conseil. Olara Otunnu, qui s'est déclaré il y a quelques jours, sera entendu plus tard. D'autres pourraient rejoindre la course à l'avenir. Le « vote indicatif » a été inventé au début des années 1980 pour tenter de sortir d'une impasse entre deux candidats bloqués par des vetos. Ce système informel a persisté, sous différentes modalités, à l'exception du secret qui entoure le processus -- un manque de transparence dénoncé par de nombreux Etats.

