Rechercher
Rechercher

Politique - Conflit

Israël frappe la banlieue sud de Beyrouth, après s'être abstenu de l'attaquer lundi dernier

« L'armée a bombardé des quartiers généraux terroristes en raison des tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien », font valoir Netanyahu et Katz.

Israël frappe la banlieue sud de Beyrouth, après s'être abstenu de l'attaquer lundi dernier

Des secouristes inspectent les dégâts causés par une frappe aérienne israélienne sur un immeuble résidentiel dans la banlieue sud de Beyrouth, le 7 juin 2026. Photo AFP

Une frappe israélienne a finalement atteint la banlieue sud de Beyrouth dimanche après-midi, après que l’État hébreu s'était abstenu lundi d'attaquer ce bastion du Hezbollah, du fait des pressions exercées par le président américain Donald Trump. Le Liban-Sud, lui aussi, n'a pas été épargné. Des bombardements israéliens ont été rapportés dans plusieurs régions, tandis qu'un ordre d'évacuation a été diffusé à l'adresse de la ville de Tyr, ses camps palestiniens ainsi que les quartiers voisins.

Deux appartements dans un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth ont été touchés par des frappes israéliennes dimanche. Ces attaques, les premières à cibler cette zone depuis le 28 mai, se sont produites contre le quartier de Tahouitat el-Ghadir. Le bâtiment visé est situé au carrefour de la station al-Aytam. L'armée israélienne a tiré quatre missiles sur l'immeuble, dont l'un n'a pas explosé et se trouve toujours sur le site. Les autorités et services concernés demandent à la population de se tenir à l'écart du secteur. La frappe a fait au moins deux morts et 11 blessés, selon un premier bilan.

Peu après, l'armée israélienne a annoncé qu'elle attaquait actuellement des « infrastructures du Hezbollah » dans la banlieue sud. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz ont également confirmé l'attaque. Tous deux ont déclaré que « l'armée a frappé des quartiers généraux terroristes en raison des tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien ».

Lundi, Israël avait annoncé son intention de frapper la banlieue sud, avant de se rétracter, suite à des pressions américaines. Il avait ensuite prévenu jeudi qu'il frapperait Beyrouth en cas d'attaques du Hezbollah contre son territoire.

La cible de la frappe dans la banlieue sud était un « quartier général du Hezbollah qui était impliqué dans la planification d'une attaque contre plusieurs régions en Israël, et non des hauts responsables de l'organisation », a rapporté la radio publique israélienne. Selon la station, Israël avait informé les États-Unis au préalable.

Dans un entretien à NBC News enregistré vendredi mais diffusé dimanche, Donald Trump a plaidé pour des frappes plus « chirurgicales » contre le Hezbollah au Liban. Il par ailleurs affirmé que le président syrien Ahmad el-Chareh était « prêt à aider » dans ce pays. Dans la matinée, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich avait appelé dans un message cryptique à bombarder la banlieue sud de Beyrouth.

Quelques heures avant la frappe sur la banlieue sud, des projectiles avaient été tirés dimanche du Liban vers Israël, où ils ont été interceptés, a rapporté l'armée israélienne, malgré un cessez-le-feu annoncé mercredi. Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a précisé qu'il ne s'agissait pas des premiers tirs en direction du territoire israélien depuis l'annonce de cessez-le-feu. Celle-ci avait été faite à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et l’État hébreu à Washington, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée. Rejeté aussitôt par le Hezbollah, l'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un « arrêt complet » des tirs du groupe chiite soutenu par l'Iran, tout en permettant une poursuite à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne au Liban-Sud.

Réagissant à la frappe de la banlieue sud, le député iranien Ebrahim Rezaei a déclaré que l'Iran « apportera une réponse décisive et douloureuse à l'attaque du régime sioniste ». « Surveillez le ciel des territoires occupés cette nuit », a-t-il ajouté dans un message sur son compte X.

Ordre d'évacuation pour Tyr et les camps palestiniens de la ville

Du côté du Liban-Sud entre-temps, l'armée israélienne a diffusé un ordre d'évacuation pour la ville de Tyr, les camps palestiniens alentour, ainsi que les quartiers périphériques. « Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani », a écrit sur X le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee. « Nous nous adressons spécifiquement à ceux qui se trouvent à Tyr et dans les camps de Bass et de Zouqouq el-Moufdi : quiconque se trouve à proximité d'éléments, d'installations ou de moyens de combat du Hezbollah met sa vie en danger », a-t-il ajouté.

La ville millénaire, où s'entassent des déplacés des villages environnants, est pilonnée intensément depuis plusieurs jours et un hôpital a été touché à deux reprises. Les autorités locales ont évacué quelque 500 familles, déplacées de la région et qui dormaient dans des centres d'accueil, vers le quartier chrétien de la vieille ville, épargné par les menaces israéliennes, selon le correspondant de l'AFP.

Par ailleurs, deux personnes ont été tuées dans une attaque ayant touché un camion appartenant au corps des sapeurs-pompiers de la municipalité de Nabatiyé al-Faouka, rapporte notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Des drones israéliens ont frappé dimanche matin une moto dans le village de Zefta (caza de Nabatiyé), tuant deux personnes, ainsi qu'un autre deux-roues dans le village de Chehabiyé (caza de Tyr), blessant gravement une personne.

Tentatives d'infiltration déjouées

De son côté, le Hezbollah a fait état de plusieurs attaques contre des cibles israéliennes. Le parti chiite a affirmé avoir lancé un drone Ababil le matin à 7h30 sur une unité positionnée dans un bâtiment sur la colline d'al-Salaa, dans le village de Qantara (Marjeyoun), décrivant un « impact confirmé ». Le Hezbollah a également annoncé avoir tiré une salve de roquettes sur des véhicules et des soldats israéliens dans le village de Rchaf (Bint Jbeil) à 13h15. Il a de plus indiqué avoir lancé un drone Ababil sur des militaires israéliens à proximité du château de Beaufort à 14 heures.

La formation pro-iranienne a affirmé par ailleurs avoir détecté dimanche à 1h50 une tentative d'infiltration d'une unité israélienne vers la périphérie nord du village de Zaoutar el-Charkiyé (Nabatiyé), qui avait atteint les abords de Tallet al-Saouan. Le groupe a affirmé avoir attaqué cette force avec des salves de roquettes et des obus d'artillerie par vagues successives, la contraignant à battre en retraite. Le Hezbollah a également fait savoir qu'après avoir repéré une unité militaire qui tentait d'avancer depuis la zone de Chkif el-Naml, à la périphérie du village de Tiri, en direction de la localité de Haddatha (Bint Jbeil), ses combattants avaient engagé le combat samedi soir à 23h à l'aide d'armes légères et moyennes, ainsi que des obus d'artillerie. Il a ajouté que ses hommes avaient « forcé les occupants à battre en retraite ».


Une frappe israélienne a finalement atteint la banlieue sud de Beyrouth dimanche après-midi, après que l’État hébreu s'était abstenu lundi d'attaquer ce bastion du Hezbollah, du fait des pressions exercées par le président américain Donald Trump. Le Liban-Sud, lui aussi, n'a pas été épargné. Des bombardements israéliens ont été rapportés dans plusieurs régions, tandis qu'un ordre d'évacuation a été diffusé à l'adresse de la ville de Tyr, ses camps palestiniens ainsi que les quartiers voisins.Deux appartements dans un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth ont été touchés par des frappes israéliennes dimanche. Ces attaques, les premières à cibler cette zone depuis le 28 mai, se sont produites contre le quartier de Tahouitat el-Ghadir. Le bâtiment visé est situé au carrefour de la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut