Des bombardements israéliens sur les abords de la ville de Nabatiyé, au Liban-Sud, le 2 juin 2026. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Après le coup de théâtre de lundi soir, marqué par l'intervention de Donald Trump pour exiger auprès de Benjamin Netanyahu l'annulation des frappes prévues contre la banlieue sud de Beyrouth, le feu israélien est loin d'avoir cessé au Liban-Sud, en particulier à Nabatiyé et sa région, où les bombardements intenses ont fait plusieurs morts.
En début d'après-midi, l'armée israélienne a renouvelé son appel pour que Nabatiyé soit entièrement vidée de sa population et relancé ses frappes sur le centre-ville, touché par au moins trois raids de l'aviation israélienne. Dans la même région, deux personnes ont été tuées à Doueir dans une frappe de drone, une troisième à Ebba, puis une quatrième à Ansar, dans les mêmes circonstances. Deux soldats libanais avaient été modérément blessés plus tôt dans la journée par une attaque de drone sur leur véhicule qui roulait sur la route de Habbouche, comme l'a indiqué l'armée libanaise.
Ces victimes viennent s'ajouter aux huit morts décomptés après le bombardement israélien qui s'est abattu à proximité de l'hôpital Jabal Amel à Tyr, dans la nuit de dimanche à lundi, après le décès mardi d’un des blessés. Deux autres frappes meurtrières ont en outre décimé lundi deux familles à Marwaniyé (Saïda), tuant six personnes, et près du pont de Khardali, tuant une étudiante, son père et son frère, de retour d'examens de fin d'année passés à Beyrouth.
D'autres attaques ont également atteint Nabatiyé el-Faouqa (sans que le missile tiré n'explose), Kfar Sir, Kfar Tebnit, Kfarremmane, Jebchit, Yohmor el-Chaqif, el-Charqiyé, la périphérie de Choukine et Mayfadoun, tandis que des tirs d'artillerie ont ciblé Arnoun, Choukine et Kfardjal.
Par ailleurs, une mosquée située près de Mahmoudiyé et Aïchiyé, dans le caza de Jezzine, a été bombardée et complètement détruite, tout comme la husseiniyé située sur la place du village d'el-Charqiyé, dans un raid ayant endommagé plusieurs maisons voisines. De nombreuses localités dans les cazas de Tyr, Bint Jbeil et Marjeyoun ont aussi été touchées par ces bombardements.
Aucune attaque revendiquée par le Hezbollah contre le nord d'Israël
De son côté, le Hezbollah, n'a revendiqué aucune attaque contre le nord d'Israël, affirmant pour l'heure n'avoir mené que deux opérations la nuit dernière contre des soldats israéliens progressant en territoire libanais. Le président américain Donald Trump avait affirmé la veille que le parti chiite s'était engagé à observer un cessez-le-feu.
Les deux seuls communiqués du parti chiite font état de tirs de roquettes à 1h en direction de soldats israéliens et des chars Merkava positionnés dans le quartier de Balouaa, ainsi que dans le stade de Haddatha (Bint Jbeil), puis d'explosion de mines devant des véhicules militaires aux abords de ce même village, vers 3h. Le Hezbollah a ainsi affirmé avoir « contraint les forces ennemies à interrompre leur avancée et à battre en retraite », vers la localité voisine de Rchaf.
Face au mécontentement de l’État hébreu suite à l'admonestation US infligée à Benjamin Netanyahu la veille, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a dénoncé dans un message sur X les « violations continues » du cessez-le-feu annoncé par Donald Trump hier soir. « Malgré les nouvelles déclarations annonçant un cessez-le-feu hier, le Hezbollah continue de le violer », a-t-il affirmé, évoquant « plusieurs attaques de missiles et de drones depuis le Liban contre des localités israéliennes ».
De son côté, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a assuré que son pays avait obtenu l'aval des États-Unis pour frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas d'attaque du Hezbollah sur son sol, selon un communiqué de son bureau. « Le Premier ministre et moi-même avons établi avec l'armée israélienne une équation selon laquelle le sort de la banlieue sud sera lié à celui des localités du nord d'Israël. Si les localités israéliennes continuent d'être attaquées, nous évacuerons et frapperons ce quartier chiite bastion du Hezbollah », a dit le ministre. « Les États-Unis ont validé ce principe et l'ont communiqué au gouvernement libanais, ainsi qu'à toutes les parties concernées (...) Soit les tirs contre les localités cessent, soit nous frapperons la banlieue sud de Beyrouth », a-t-il conclu.




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