Le président de la République Joseph Aoun (au centre), entouré des membres de la délégation des syndicats de professions libérales, au palais de Baabda, le 2 juin 2026. Photo ANI
Le président libanais, Joseph Aoun, a déclaré mardi que « la force ne consiste pas à faire la guerre, mais d'avoir le courage et la sagesse nécessaires pour y mettre fin par les négociations, en tenant compte des intérêts du pays », peu avant une nouvelle session de négociations à Washington.
Le Hezbollah a rouvert le 2 mars, le front au Liban-Sud contre Israël, pour venger la mort du guide suprême iranien, tué dans des frappes israélo-américaines sur Téhéran deux jours avant. Les négociations qu’il qualifie de « courageuses » sont celles menées par les autorités libanaises depuis début avril, directement avec la partie israélienne, sous le parrainage des Américains. Une nouvelle session de pourparlers doit commencer mardi à Washington, sur le volet politique. Les autorités libanaises, principalement le président Aoun lui-même et le Premier ministre Nawaf Salam, sont régulièrement la cible des critiques du camp pro-Hezbollah, pour avoir favorisé ce processus de pourparlers directs. Ce camp aurait préféré que le Liban se dirige vers des négociations indirectes dans le cadre des pourparlers plus vastes américano-iraniens. La démarche des autorités libanaises actuelles vise au contraire à séparer les volets libanais et iranien.
S’adressant mardi à une délégation des syndicats de professions libérales au palais de Baabda, le président Aoun a donc critiqué le Hezbollah, sans le nommer. Il a qualifié l’actuel conflit de « sans horizon », précisant « faire (son) devoir envers son peuple et son pays », en référence aux négociations en cours.
Il s’est aussi attaqué à un autre reproche qui lui est régulièrement fait (ainsi qu’au gouvernement) par le Hezbollah, celui de mettre le pays au bord de la guerre civile en plaidant pour le désarmement et en œuvrant pour le monopole des armes aux mains de l’Etat. Le chef de l'Etat s’est dit « soucieux de la paix civile et de la stabilité interne au Liban », assurant travailler à « empêcher la discorde qui menacerait l’existence même du Liban, et rendrait service à Israël ».
« Personne ne peut porter atteinte à la paix civile au Liban car les Libanais sont largement convaincus désormais qu’il n’y a plus de retour en arrière, et que la classe politique travaille à éloigner ce spectre et ses conséquences désastreuses, par le biais d’un discours clair et unifié », a assuré M. Aoun.
Pour le président de la République, « l’armée libanaise est le meilleur rempart contre ce retour à la discorde », affirmant qu’elle remplit parfaitement son rôle malgré les reproches qui la visent régulièrement. La troupe a notamment été la cible de virulentes critiques depuis qu’elle n’a pas réussi à accomplir la démilitarisation du Liban-Sud, malgré des décisions ministérielles prises en ce sens depuis août 2025.


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