Une maison en flammes après une attaque israélienne sur Zaoutar el-Charqiyé, le 22 septembre 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Un entrepreneur français né au Liban a porté plainte contre X pour crime ou délit de guerre, visant l'armée israélienne qu'il accuse d'avoir arraché 600 oliviers centenaires appartenant à sa famille, ont indiqué ses avocats mercredi à l'AFP.
Ce Français de 37 ans dénonce l'arrachage d'arbres dont certains étaient âgés selon lui d'un demi-millénaire, sur un terrain cultivé depuis 250 ans par sa famille à Zawtar el-Charqiyé, son village natal au sud du Liban. Selon sa plainte avec constitution de partie civile déposée pour vol, destructions et détériorations de biens constitutifs de crimes ou délits de guerre, et dont l'AFP a pu avoir connaissance, les arbres ont été arrachés, racines comprises.
« Ni membre, ni sympathisant du Hezbollah »
L'homme, dont la plainte précise qu'il n'est « ni membre, ni sympathisant du Hezbollah », suspecte leur transfert en Israël. « Aucun élément ne permet de soutenir que le Hezbollah utilisait la maison ou les champs agricoles comme équipement militaire », ajoute le document. Selon le plaignant, entrepreneur dans le numérique, sa maison familiale a été entièrement détruite par une frappe aérienne israélienne quelques heures avant l'annonce d'un cessez-le-feu, en avril 2026, dans le cadre du protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.
« La prise totale du secteur » par l'armée israélienne est intervenue quelques semaines plus tard, suivie de l'arrachage des oliviers, après la signature d'un accord-cadre fin juin entre le Liban et Israël, retrace-t-il. Zaoutar el-Charqiyé est situé sur la rive nord du fleuve Litani et c'est à ce niveau que l'armée israélienne était entrée dans le caza de Nabatiyé. La localité reste, jusqu'à aujourd'hui, la cible de frappes et destructions de maisons et terrains, tandis que le village voisin de Zaoutar el-Gharbiyé est la première « zone pilote » établie suite à l'accord-cadre de juin 2026 entre Beyrouth et Tel-Aviv, soit une zone dans laquelle l'armée israélienne doit laisser le champ libre à l'armée libanaise pour se déployer et désarmer le Hezbollah.
L'arrachage d'oliviers « symptomatique » des crimes de guerre israéliens
« La destruction et l'arrachage d'oliviers sont symptomatiques des crimes de guerre commis par Israël au Liban-Sud », expose la plainte, qui cite notamment un rapport d'Amnesty International.
Des responsables libanais, des ONG et des habitants ont déjà dénoncé les destructions de terres agricoles, notamment par le feu, pratiquées au Liban-Sud par Israël, depuis le début des hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah en octobre 2023. Contactée en août sur ces destructions, l'armée israélienne avait indiqué avoir « conscience de l'impact environnemental potentiel de ses activités dans la région » et prendre « des mesures de précaution pour réduire les dommages causés aux civils et à l'environnement ». L'AFP l'a sollicitée à nouveau mercredi.
D'autres plaintes déposées à Paris visent l'action de l'armée israélienne au Liban, dont celle d'un artiste franco-libanais, Ali Cherri, qui a perdu en avril ses parents dans une frappe israélienne contre un immeuble d'habitation de Beyrouth fin 2024, et celle en juillet d'un autre Franco-Libanais qui a perdu sa mère, sa soeur et deux neveux dans des frappes israéliennes.
À quoi peut ressembler une hégémonie israélienne au Liban ?