Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, le 17 avril 2026. Photo Hassan Ibrahim / Parlement libanais
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, s'est entretenu mardi avec son homologue iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'un cessez-le-feu, jusque là non respecté, entre le Hezbollah et Israël, précédé de menaces iraniennes.
Lors d'un appel téléphonique, MM. Berry et Ghalibaf, l'un des principaux négociateurs iraniens, ont discuté de l'escalade des attaques israéliennes sur le Liban et des « moyens de mettre fin à l'agression », selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). M. Berry a salué « l'insistance » de Téhéran de faire d'un cessez-le-feu au Liban un point « essentiel » de tout accord négocié entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre les opposant depuis le 28 février.
M. Berry a déclaré dans une interview au New York Times que le Hezbollah était ouvert à un nouveau « véritable cessez-le-feu » et estimé que seul le président américain pourrait contraindre Israël à le respecter. « Personne ne peut obtenir un véritable cessez-le-feu à part Donald Trump, a déclaré le président de la Chambre. C’est la seule voie. » « S’il y a un cessez-le-feu sérieux, je garantis que le Hezbollah s’y conformera », a-t-il ajouté, précisant que ce message venait directement du parti chiite. « Un accord séparé de l’Iran ou avec l’Iran », a-t-il dit, « n’a pas d’importance. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu. Israël veut négocier tout en bombardant, et cela nous coûte très cher. »
L'annonce faite par Donald Trump lundi soir concernant un arrêt des hostilités auquel se seraient engagés le Hezbollah et Israël a eu lieu après que Téhéran a haussé le ton et évoqué la possibilité d’ouvrir de « nouveaux fronts » en cas d'attaque contre la banlieue sud de Beyrouth. L'armée israélienne avait ordonné l'évacuation totale de cette zone.
Par ailleurs, alors que M. Trump avait affirmé avoir « parlé au Hezbollah » pour obtenir cet engagement à respecter la trêve, un député du parti chiite, Ihab Hamadé, a souligné à la radio russe Sputnik que « le Hezbollah ne communique avec personne, à l’exception des Iraniens, » lesquels, selon lui, communiquent à leur tour « quotidiennement avec le président du Parlement Nabih Berry ». Selon lui, la suspension de potentiels bombardements israéliens sur la banlieue sud de beyrouth a été le fruit « de la pression iranienne » et de la mobilisation de « l'unité des fronts ».

