Une réunion du Conseil de sécurité à New York, le 26 mai 2026. Photo Shannon Stapleton/Reuters
Réuni en urgence à la demande de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies a consacré plusieurs heures lundi à l'escalade au Liban, entre l’avancée des forces israéliennes au nord du Litani et ses bombardements meurtriers sur le Sud et la Békaa et la poursuite des attaques du Hezbollah, qui se sont multipliées sur le nord d'Israël ces derniers jours. Si les débats ont révélé de profondes divergences sur les responsabilités dans ce conflit, une conviction s’est toutefois imposée : l’avenir du Liban, la reconstruction de son État et le renforcement de ses institutions sont désormais au cœur de toute perspective de paix durable.
Et alors que la réunion a coïncidé avec l'annonce par le président américain, Donald Trump, d'un cessez-le-feu entre les belligérants (toujours pas respecté mardi), de nombreuses interventions ont soutenu la poursuite des efforts diplomatiques en cours, avant une nouvelle session de pourparlers directs entre le Liban et Israël à Washington. Dans une enceinte souvent divisée, la nécessité de préserver cette fenêtre de négociation est apparue comme l’un des rares points de convergence.
Beyrouth accuse Israël de compromettre la renaissance de l’État
Le représentant du Liban, Ahmad Arafa, a placé d’emblée la souveraineté nationale au centre du débat. Rappelant que le cessez-le-feu de novembre 2024 avait été obtenu grâce aux efforts conjoints de Washington et de Paris, il a affirmé que le Liban s’y était « pleinement et entièrement conformé », tandis qu’Israël l'a « violé quotidiennement » avec des frappes. L'essentiel de son intervention a porté sur ce qu’il considère comme les conséquences stratégiques de l’offensive israélienne. « Comme si le but de ces violations était de faire échouer le projet de renaissance de l’État », a-t-il déclaré. Selon lui, alors que le Liban tente de reconstruire ses institutions autour d’un nouveau président, d’un nouveau gouvernement et d’un programme de réformes, les opérations israéliennes fragilisent précisément cette dynamique.
Le représentant libanais a encore dénoncé une « destruction systématique » des villages, quartiers résidentiels, hôpitaux, écoles, institutions médiatiques, lieux de culte, positions de la Finul et sites archéologiques protégés et rejeté toute logique de zone tampon occupée par Israël, estimant que l’expérience passée du Liban démontrait qu’aucune occupation ne pouvait produire une stabilité durable.
Tout en réaffirmant la volonté de l’État d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire national, Ahmad Arafa a posé une condition essentielle : « L’engagement d’Israël à un cessez-le-feu complet et effectif constitue la condition préalable à l’engagement de l’État libanais à étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire. »
La secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Martha Pobee, a, elle, averti que « la situation au Liban est profondément alarmante ». Selon elle, l'escalade, de part et d'autre de la ligne bleue, menace directement les efforts diplomatiques en cours et accroît le risque d’une confrontation régionale plus large.
La France critique « une erreur stratégique majeure »
À l’origine de la convocation du Conseil, la France a livré l’une des interventions les plus fortes de la séance. Son représentant permanent, Jérôme Bonnafont, a d’abord rappelé ce que Paris considère comme l’origine de la crise. « C’est le Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui porte la responsabilité du déclenchement des hostilités, en ayant entraîné le Liban et le peuple libanais dans une guerre qui n’est pas la leur. Nous l’avons condamné sans ambages, comme nous condamnons aujourd’hui la poursuite par le Hezbollah des attaques ciblant le territoire israélien. » Mais Paris a immédiatement ajouté que cette responsabilité ne pouvait justifier la poursuite de l’offensive israélienne. « Rien ne peut justifier la prolongation et l’ampleur des opérations israéliennes au Liban, les milliers de morts et de blessés parmi la population civile et les déplacements forcés de population, ni son occupation toujours plus profonde du territoire libanais. » « Il s’agit là, pour Israël, d’une erreur stratégique majeure », a lancé M. Bonnafont. Pour Paris, « une nouvelle occupation risque de ne faire que nourrir l’instabilité. Car chaque village bombardé et rasé, chaque civil tué, renforce le Hezbollah et fragilise l’exécutif libanais. »
Paris a également soutenu sans réserve les discussions directes engagées entre le Liban et Israël sous médiation américaine. « Le cessez-le-feu du 17 avril est fragile mais il demeure la voie vers un accord durable », a souligné Jérôme Bonnafont, qualifiant les réunions prévues les 2 et 3 juin à Washington d’« opportunité décisive ».
Washington accuse le Hezbollah de prendre le Liban en otage
L’ambassadeur américain Mike Waltz a concentré son intervention sur les responsabilités du Hezbollah dans l'escalade, estimant que le mouvement chiite « considère manifestement le Liban comme rien de plus qu’une plateforme de lancement pour ses attaques contre Israël inspirées par l’Iran. « Ce sont les mêmes voyous qui tiennent le peuple libanais en otage depuis des décennies », a-t-il lancé, avant d'exprimer son soutien au président libanais et à l'armée.
Face aux critiques, le représentant israélien, Danny Dannon, a défendu sans concession les opérations en cours. « Le Hezbollah fait sur le terrain ce que l’Iran veut qu’il fasse. Il maintient le feu allumé. Il maintient le Liban en otage », a-t-il déclaré, reprochant à plusieurs membres du Conseil de concentrer leurs critiques sur la réaction israélienne plutôt que sur les attaques du parti-milice. « Au lieu d’exiger le désarmement du Hezbollah, ils exigent qu’Israël recule. »
« Israël et le Liban sont engagés dans des discussions directes historiques sous médiation américaine parce que nous croyons qu’un avenir meilleur est possible », a toutefois lancé M. Dannon, qui a affirmé que la seule voie vers la paix passe par « le désarmement complet du Hezbollah. Un État libanais fort. Une armée forte, un seul gouvernement et une seule autorité souveraine. »
La Finul, rare terrain d’entente
Au milieu des profondes divergences qui ont traversé les débats, un autre sujet a fait l’objet d’un soutien presque unanime : la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
La Chine a résumé cette convergence en rappelant que les Casques bleus « jouent un rôle irremplaçable dans le maintien de la stabilité entre le Liban et Israël. » L’ensemble des membres du Conseil ont réaffirmé leur soutien à son mandat, alors qu’Antonio Guterres a remis le même jour au Conseil de sécurité un rapport dans lequel il estime que le maintien des soldats de la paix reste « nécessaire » pour accompagner la mise en œuvre du cessez-le-feu.
Les divisions demeurent profondes sur la question libanaise au sein du Conseil de sécurité. Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et Israël continuent de considérer que le désarmement du Hezbollah constitue la clé de toute solution durable. Le Liban, la Chine et le Pakistan insistent davantage sur la fin de l’occupation israélienne, le respect de la souveraineté libanaise et la protection des civils. Mais derrière ces divergences apparaît un constat nouveau. Qu’il s’agisse de Washington, de Paris, de Londres, de Pékin, des Nations unies ou même d’Israël, tous parlent désormais de l’État libanais, de ses institutions et de son armée comme de l’acteur central de la stabilisation. Pour la première fois depuis longtemps, le débat diplomatique ne porte plus seulement sur le cessez-le-feu ou sur les mécanismes de désescalade. Il porte sur la reconstruction de l’autorité de l’État.




Trump dit que les Etats-Unis n'en ont « pas fini du tout » avec l'Iran
Le mouvement chiite « considère manifestement le Liban comme rien de plus qu’une plateforme de lancement pour ses attaques contre Israël inspirées par l’Iran. « Ce sont les mêmes voyous qui tiennent le peuple libanais en otage depuis des décennies », a dit Waltz… On s’attendait à ce que cela soit dit et répété haut et fort par nos dirigeants, mais non , ils préfèrent se concentrer sur ce que ces vendus leur dictent de dire en nous promettant de reprendre le contrôle du pays, allez savoir comment puisqu’ils sont toujours à leurs ordres à les encourager à persévérer dans leur arrogance destruct
15 h 14, le 03 juin 2026