Rencontre entre le président du Parlement Nabih Berri (à droite) et une délégation du bloc parlementaire "Modération nationale" à Aïn el-Tiné, le 13 mai 2026.
À la suite d'une réunion entre le bloc parlementaire de la Modération nationale et le président de la Chambre, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné mercredi, le député Abdel Aziz Samad a indiqué que M. Berry avait confirmé qu'il convoquera une session des commissions parlementaires conjointes lundi prochain pour discuter de la loi sur l'amnistie générale. Les débats sur cette loi se poursuivent entre les partis politiques, ce qui a conduit au report d'une précédente réunion en raison de désaccords sur les personnes devant bénéficier de l'amnistie.
À l’issue de la réunion, M. Samad, qui s'exprimait au nom du bloc composé de députés et anciens députés affiliés au Courant du futur de Saad Hariri, a déclaré que « le président Berry a confirmé qu'il convoquera une session des commissions parlementaires conjointes lundi prochain, ce qui contribuerait à apaiser les tensions et à garantir les droits des citoyens dans le cadre de la loi et de la justice ». Outre MM. Berry et Samad, la réunion a groupé les députés Mohammad Sleiman et Ahmad Kheir, ainsi que le secrétaire du bloc, l’ancien député Hadi Hobeiche, et le député du bloc du mouvement chiite Amal, Ali Hassan Khalil.
Le débat autour de l’amnistie générale au Liban demeure profondément communautaire, chaque communauté ayant tendance à percevoir les détenus, les collaborateurs et les crimes de guerre à travers le prisme de ses propres expériences historiques, alliances politiques et griefs collectifs, réclamant l'amnistie de différentes catégories de prisonniers, au grand dam des autres. Si les familles de détenus islamistes au Liban réclament ainsi activement une amnistie générale, des responsables chrétiens, en tête desquels le patriarche maronite Béchara Raï, ont demandé l'inclusion dans l'amnistie des Libanais résidant en Israël. C'est dans ce contexte que le projet de loi sur l’amnistie générale, réclamé pour désengorger les prisons libanaises, notamment des détenus qui n'ont jamais été jugés, a déclenché de vifs débats en commission parlementaire le 6 avril dernier.
La réunion de mercredi a également porté sur la poursuite des attaques israéliennes au Liban, ainsi que sur la crise des déplacés. « Nous avons réaffirmé notre rejet total de la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban et des violations répétées de la souveraineté libanaise, tout en soulignant la nécessité pour la communauté internationale d’assumer ses responsabilités dans la protection du Liban », a ajouté M. Samad. La délégation a également insisté sur l’importance d’« une coopération entre les différentes forces politiques pour faire face aux crises auxquelles le Liban est confronté, loin des règlements de comptes politiques, et en plaçant l’intérêt des Libanais au-dessus de toute autre considération ».
Malgré un accord de cessez-le-feu conclu le 16 avril, les attaques israéliennes au Liban-Sud ont fait des centaines de morts, tandis que le Hezbollah continue de mener quotidiennement des attaques visant l'armée israélienne présente dans plusieurs villages du Sud.
Plus tôt dans la journée, les députés du bloc s’étaient rendus à Baabda, où ils ont été reçus par le président Joseph Aoun. « Nous lui avons réaffirmé notre soutien à toute démarche renforçant la construction de l’État, préservant l’intérêt national supérieur, ainsi que la paix civile et l’unité nationale », a déclaré M. Sleiman à l’issue de la rencontre. Il a également indiqué avoir insisté devant le président sur le fait que « les décisions souveraines prises par le gouvernement concernant le monopole des armes, la reprise de la décision de paix et de guerre, ainsi que l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, constituent une revendication de la majorité des Libanais ». Les membres du bloc ont aussi souligné leur soutien à l’armée libanaise, « qui ne doit pas être entraînée dans des surenchères ni instrumentalisée dans les marchés politiques ». Ils ont enfin demandé au président « de coordonner avec les pays étrangers et arabes, en particulier avec l'Arabie saoudite, afin de mettre fin à l’agression israélienne d’une manière qui préserve la dignité du Liban et des Libanais ». En fin de journée, les députés du bloc ont été reçus par le Premier ministre Nawaf Salam.

