Flanby de Maria Pourchet et Catherine Meurisse, L’École des loisirs, 2026, 112 p.
Les parents de Michel prennent la décision de se séparer. Alors bien sûr, pour l’annoncer à Michel, ils prennent toutes les précautions, font preuve de tact et pleins de bonnes intentions, mais sans doute un peu maladroitement, lui présentent le bon côté de la situation qui l’attend. Et le bon côté – c’est évident ! – se résume en une phrase : il aura tout en double. Des jouets chez maman, des jouets chez papa ! Tout en double ? Ce n’est pas si simple.
Car il y a Flanby, le chat de Michel. Et un chat d’appartement, c’est bien connu, ça ne se dédouble pas. Et puis c’est sédentaire : ça vit dans un environnement familier et il ne s’agit pas de le déplacer chaque semaine d’une maison à l’autre. Puisque la maman de Michel supporte bien moins les chats que son papa, la question est toute réglée. Flanby restera chez le papa et, une semaine sur deux, Michel ne le verra pas.
Au fond, c’est autour de ce sujet que la nouvelle situation familiale se cristallise pour Michel. Et s’il est convaincu d’une chose, c’est qu’il faut trouver une solution. C’est parce que celle pour laquelle il opte est bancale et a très peu de chances de réussir, que la lecture de ce réjouissant petit roman pour la jeunesse devient truculente.
Michel décide de cacher Flanby dans son cartable le jour de la semaine où se déroule le passage de relais entre son père et sa mère. S’il parvient à passer ces quelques heures d’école sans que le chat ne soit découvert, le reste suivra naturellement. Devant le fait accompli, sa mère gardera Flanby et ses parents verront tous les deux que le chat peut se déplacer et que la présence de Michel (dans cet appartement ou dans un autre) suffit à son confort.
Au niveau du rythme, le livre joue sur l’idée qu’une journée d’école est certes un temps court, mais que lorsqu’on doit cacher un chat, chaque heure devient une éternité et la source de nombreux dangers.
Drôle, rythmé, entre suspense et quotidien, le livre prend le jeune lecteur en complice des manigances de Michel.
Une des trouvailles les plus amusantes et pertinentes de Maria Pourchet, l’autrice du texte, est justement cette manière qu’ont les personnages adultes de penser que chaque attitude de Michel est révélatrice de quelque chose de profond par rapport à la séparation de ses parents, alors que par ses yeux d’enfant, les raisons sont bien plus simples. Un décalage dans la perception qui revient comme un running gag au fil du roman.
La langue est vivante, si bien que le livre se lit merveilleusement à voix haute.
Le texte est accompagné des illustrations de Catherine Meurisse, autrice de bande dessinée qu’on connaît pour des albums comme La Légèreté, Les Grands Espaces, La Jeune Femme et la Mer ou Humaine, trop humaine. Elle propose des dessins au crayon et à l’aquarelle lâchés et d’une grande énergie, pleins de vie, avec des gestuelles de personnages aussi justes que drôles.