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Économie - Moyen-Orient

Le prix du pétrole au plus haut depuis 2022, les marchés accusent le coup


Un oiseau passant devant une cheminée de la raffinerie de PCK Schwedt, dans le nord-est de l'Allemagne, le 30 avril 2026. Photo Tobias SCHWARZ / AFP

Les prix du pétrole poursuivent leur course jeudi face à la perspective d'un conflit se prolongeant au Moyen-Orient, et dont les conséquences se font déjà sentir, dans le ton des décisions des banques centrales et dans les poussées inflationnistes. « En l'absence de tout signe de négociations de paix et avec des craintes croissantes d'escalade », les prix du pétrole poursuivent leur course, souligne Jim Reid, économiste à la Deustche Bank.

Le Brent, la référence mondiale du brut, a dépassé jeudi les 126 dollars lors des échanges asiatiques, un sommet depuis début 2022 lorsque l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe avait provoqué une flambée des cours. Depuis le début de l'année, le prix du Brent a donc doublé. Vers 07h30 GMT, le Brent grimpait encore de 3,55 % à 122,22 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, prenait 1,43 % à 108,41 dollars le baril.

Pour Jim Reid, « les investisseurs intègrent désormais un conflit plus prolongé » et un blocus prolongé du détroit d'Ormuz, passage stratégique par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Des informations du média américain Axios ont également électrisé le marché : le président américain Donald Trump devrait recevoir jeudi un briefing sur les nouveaux plans d'une éventuelle action militaire en Iran, assure-t-il, citant deux sources proches du dossier.

La crainte d'un « choc stagflationniste »

« Avec le détroit d'Ormuz toujours fermé, cela alimente des craintes croissantes d'un choc stagflationniste prolongé » — une croissance faible cumulée à une inflation élevée — , explique Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. « Les conséquences sur les marchés sont déjà visibles, notamment pour les obligations souveraines », qui matérialisent la dette des Etats et dont les rendements grimpent en flèche, poursuit-il.

L'emprunt allemand à 10 ans (« Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, évoluait à 3,11 % jeudi. Avant le début de la guerre, il s'établissait autour de 2,64 %. Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,78 % jeudi contre 3,22 % avant le début du conflit. Hors UE, le rendement britannique à 10 ans atteignait 5,08 %, là encore, bien loin des 4,23 % observés avant la guerre. Au Japon enfin, le taux de l'emprunt à échéance 10 ans est monté jusqu'à 2,53 % jeudi, un plus haut niveau depuis 1997.

La Fed profondément divisée

Décision largement anticipée, la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé mercredi de laisser ses taux d'intérêt inchangés (entre 3,50 % et 3,75 %). Quatre responsables ont cependant manifesté leur désapprobation, pour des raisons différentes. Certains « ont estimé qu'il était trop tôt pour signaler un assouplissement alors que les perspectives d'inflation restent incertaines », relève Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote. « Cette divergence pourrait compliquer la communication de la Fed sous la nouvelle présidence » de Kevin Warsh, qui succède à Jerome Powell, « en particulier à mesure que les anticipations de politique monétaire évoluent », poursuit-elle.

Jeudi, dans la journée, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre (BoE) devraient elles aussi opter pour le statu quo sur leurs taux. En attendant, le dollar restait stable (-0,02 %) face à la monnaie unique vers 07H30 GMT, à 1,1680 dollar pour un euro.

Les Bourses mondiales contrastées

Sur les marchés d'actions asiatiques, les principaux indices ont accéléré leurs pertes à mesure que s'envolaient les cours du pétrole, le continent restant extrêmement dépendant du Golfe pour ses approvisionnements en hydrocarbures. L'indice vedette Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé en recul de 1,06 %. À Séoul, l'indice Kospi a terminé en baisse de 1,38 % après avoir brièvement touché un nouveau sommet à l'ouverture. En Europe, le ton est également maussade: « les investisseurs se préparent à un ton plus restrictif des banques centrales et aux premières publications d'inflation reflétant l'impact de la situation iranienne », estime Patrick Munnelly, de Tickmill Group. Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris perdait 1,10%, Francfort 0,35 % et Milan 0,95 %. Seule Londres se maintenait (+0,20 %), profitant de la hausse des prix de l'énergie en raison de la composition de son indice phare, le FTSE 100.

Les prix du pétrole poursuivent leur course jeudi face à la perspective d'un conflit se prolongeant au Moyen-Orient, et dont les conséquences se font déjà sentir, dans le ton des décisions des banques centrales et dans les poussées inflationnistes. « En l'absence de tout signe de négociations de paix et avec des craintes croissantes d'escalade », les prix du pétrole poursuivent leur course, souligne Jim Reid, économiste à la Deustche Bank.Le Brent, la référence mondiale du brut, a dépassé jeudi les 126 dollars lors des échanges asiatiques, un sommet depuis début 2022 lorsque l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe avait provoqué une flambée des cours. Depuis le début de l'année, le prix du Brent a donc doublé. Vers 07h30 GMT, le Brent grimpait encore de 3,55 % à 122,22 dollars le...
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