La Biennale de Venise 2026, une édition marquée par les tensions politiques et les débats sur les exclusions. Photo Biennale de Venise
Le jury de la Biennale internationale d’art de Venise a annoncé jeudi qu’il ne prendrait pas en considération les artistes issus de pays dont les dirigeants font actuellement l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale, une décision visant implicitement la Russie et Israël.
Les cinq jurés, chargés de désigner les lauréats des Lions d’or et d’argent parmi les 110 participants, expliquent se sentir tenus de s’engager « en faveur de la défense des droits humains » dans le cadre de leur mission, à l’approche de l’ouverture de l’événement, prévue le 9 mai. « Ce jury s’abstiendra d’examiner les candidats issus de pays dont les dirigeants sont actuellement poursuivis pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale », ont-ils indiqué dans un communiqué, sans nommer explicitement les pays concernés.
La CPI a émis des mandats d’arrêt visant des chefs d’État en exercice, notamment le président russe Vladimir Poutine pour des crimes de guerre présumés commis contre des enfants en Ukraine, ainsi que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité allégués dans le cadre de la guerre à Gaza.
Les ambassades d’Israël et de Russie à Rome n’ont pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de Reuters.
Vives critiques autour du pavillon russe
La manifestation est sous le feu des critiques depuis la décision de ses organisateurs d’autoriser la réouverture du pavillon russe. Après l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022, artistes et institutions russes avaient été exclus de nombreuses grandes manifestations culturelles européennes.
Ce choix a suscité des réactions tant du gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni – fervente alliée de l’Ukraine – que de l’Union européenne.
Jeudi, la Commission européenne a indiqué avoir adressé une lettre à la Biennale pour l’informer de son intention de mettre fin ou de suspendre une subvention de 2 millions d’euros, après la réintégration de la Russie. « Il n’existe qu’une seule subvention en cours, d’un montant de 2 millions d’euros sur trois ans, et c’est celle que nous envisageons de résilier ou de suspendre », a précisé un porte-parole de la Commission. La Biennale dispose d’un délai de 30 jours pour répondre.
Dans un communiqué distinct, les organisateurs ont rappelé que le jury opérait « en toute autonomie et indépendance », soulignant que cette position relevait d’« une expression naturelle de la liberté et de l’autonomie que garantit la Biennale ».
Rappelons que dans une lettre ouverte datée du 1er avril, plusieurs artistes internationaux de premier plan – parmi lesquels les Libanais Walid Raad, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige – dénonçaient la participation de « gouvernements qui commettent activement des crimes de guerre, des atrocités et des génocides ». Ils y réclamaient non seulement l’exclusion d’Israël, mais aussi celles de la Russie et des États-Unis, accusés d’agir comme des puissances « prédatrices ».



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20 h 04, le 27 avril 2026