Le chef des Forces libanaises Samir Geagea. Photo tirée de son compte X
Accusant le Hezbollah d’avoir « ramené » le Liban à « l’âge de pierre » et « l’État profond » de rester « spectateur » dans la guerre, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a insisté dimanche soir sur la nécessité d’un redressement interne et du rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, estimant que toute négociation avec Israël, sans capacité pour les autorités d’imposer leurs décisions sur le terrain, « affaiblit la position du Liban. »
Lors de son intervention sur la chaîne libanaise al-Jadeed, Samir Geagea, a estimé que tout processus de négociation entre le Liban et Israël - qui devrait prochainement se tenir au niveau de délégations de haut rang, une première depuis plus de quarante ans - doit être « précédé d’un redressement de la situation interne ». Selon lui, aucun résultat concret ne peut être obtenu si l’État n’est pas en mesure d’appliquer ses décisions, ajoutant que « négocier sans pouvoir imposer de décision sur le terrain affaiblit la position de l’État ».
Alors que le cessez-le-feu entre le Hezbollah et l’État hébreu, entré en vigueur le 17 avril, a été prolongé après une réunion libano-israélienne à Washington, le leader du parti chrétien frontalement opposé au Hezbollah, a affirmé que « la plus grande force sur le terrain reste l’État libanais, à travers ses institutions ». Si le président libanais Joseph Aoun a été le premier à appeler à des négociations directes avec Israël, dès le début du conflit le 3 mars, au lendemain de tirs de roquettes du Hezbollah contre Israël, qui ont de nouveau entraîné le Liban dans la guerre régionale, Samir Geagea a souligné que le chef de l'État est « le seul habilité à fixer le calendrier et les modalités des négociations », appelant toute partie disposant d’une alternative à « la présenter clairement ou se taire ».
La solution réside dans la voie de la diplomatie
Il a également décrit Israël comme un « monstre » à la frontière, que le Liban n'a pas les moyens d'affronter militairement, estimant que la solution réside donc dans la voie de la diplomatie portée par le président et le Premier ministre Nawaf Salam. Il a insisté sur la nécessité pour l’État d’« exercer un contrôle total sur ses frontières », jugeant qu’en l’absence d’un tel choix « toute négociation serait vaine ». Sans cette décision souveraine, a-t-il averti, « le pays restera exposé à des secousses sécuritaires ». Le chef des FL a par ailleurs estimé que « le seul moyen pour l’État libanais de mettre un terme à la situation actuelle passe par une pression internationale », soulignant que les États-Unis restent « le seul acteur capable d’influencer Israël ».
À l'heure où le gouvernement libanais tente de renforcer la souveraineté du pays avec les décisions successives prises depuis août 2025 pour désarmer les groupes non-étatiques, en tête desquels le Hezbollah, processus encore inachevé, Samir Geagea a déploré que « l’État libanais ne peut rester spectateur dans cette guerre », jugeant que le Liban se trouve « dans la pire situation possible » à cause du Hezbollah. « Les Israéliens disent vouloir ramener le Liban à l’âge de pierre, mais le Hezbollah nous y a déjà ramenés », a-t-il regretté.
Traiter « les dysfonctionnements internes »
Selon lui, le principal obstacle réside dans ce qu’il qualifie d’« État profond », composé de segments du pouvoir judiciaire, des appareils sécuritaires et de certaines forces politiques, qui entrave l’exécution des décisions politiques. « Un État défaillant vaut mieux que l'absence d’un État », a-t-il toutefois affirmé, appelant à corriger progressivement son fonctionnement et à renforcer la cohésion de ses institutions, parallèlement à toute démarche de négociation. Si, dès le déclenchement de la nouvelle escalade au Liban, le 2 mars, le gouvernement de Nawaf Salam avait banni l'aile militaire du Hezbollah, cette décision est restée en grande partie symbolique.
Il a mis en garde contre le statu quo sous prétexte de préserver la paix civile : « Que cet État disparaisse si à chaque tentative d’action on invoque la paix civile », a-t-il lancé, estimant que cette approche maintient le pays dans « un état d’épuisement permanent ».
Samir Geagea a enfin espéré que le Hezbollah laissera le gouvernement assumer son rôle, critiquant les attaques du parti contre l’accord de cessez-le-feu obtenu par l’État. « Si le Hezbollah est en mesure de parvenir à un accord meilleur, qu’il le fasse », a-t-il déclaré, rappelant que le parti chiite avait célébré l'entrée en vigueur de la trêve en « tirant en l’air en signe de joie après en avoir été informé par l’Iran ». « Il n’est pas du droit du Hezbollah de réclamer des gains politiques », a-t-il conclu, estimant que « la logique voudrait plutôt qu’on lui demande des comptes pour ce qu’il a infligé au pays durant quarante ans », rappelant que la mise en œuvre de l’accord de Taëf commence par le rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire.



Tout à fait légitime cette proposition de nettoyer nos institutions de tous les infiltrés au service de nos ennemis. Aucun de ces vendus ne devraient avoir la légitimité d’occuper un poste de responsabilité ni aucun de ses enfants, proches ou amis. Cela relève de la logique même que de leur interdire l’accès à des postes de responsabilité, si vraiment on veut que notre pays se relève et devient prospère et pacifique. Un message à tous les libanais qui vibrent pour leur pays, votez libanais et non pour les 10 dollars que ces voleurs vous donnent contre les milliards qu’ils vous ont volés.
12 h 38, le 28 avril 2026