Le crooner libanais, Fadl Chaker. Photo ANI
À l’issue d’une audience de plaidoiries, la cour criminelle de Beyrouth, présidée par Bilal Dennaoui et composée également de Nadim Nachef et Sara Breich, a clôturé, vendredi, le procès lié à une plainte contre le chanteur Fadl Chaker pour « tentative de meurtre » en mai 2013, à Saïda, déposée par un responsable des Brigades de la résistance (Hezbollah), Hilal Hammoud. L’instance a fixé au 6 mai la date de son verdict.
La plainte vise également le cheikh salafiste Ahmad el-Assir et quatre autres prévenus – Bilal Halabi (chauffeur de l’épouse de Fadl Chaker), Hadi Qawas, Abdel Nasser Hneiné et Fadi Beyrouthi – qui ont tous comparu, à l’exception de ce dernier, en cavale. Hilal Hammoud s’était par la suite désisté de son action contre le chanteur et les prévenus, à l’exception d’Assir et de M. Beyrouthi. Lors d’une audience devant la cour criminelle, en janvier dernier, Fadl Chaker avait reconnu avoir versé, par le biais d’intermédiaires, une somme en contrepartie de ce désistement, sans en préciser le montant. Le retrait de la plainte n’éteint pas toutefois les poursuites, l’action publique restant engagée dans un but de protection de la société et de l’ordre public.
À l’oral et à l’écrit
Sans disposer de son droit à une plaidoirie orale, l’avocat du plaignant, Nassir Ahmad, a présenté à la cour un mémoire écrit, dans lequel il réclame l’application des articles du Code pénal relatifs à la tentative de meurtre contre MM. Assir et Beyrouthi, laissant aux magistrats le soin de fixer le montant des indemnités qui pourraient lui être accordées. L’avocate du chanteur, Amata Moubarak, a choisi également de plaider à l’écrit, réclamant l’arrêt des poursuites contre son client pour « absence d’éléments constitutifs du crime ».
Sont intervenus également les avocats Abdel Karim Akoum et Mohammad Sablouh, représentant Ahmad el-Assir, lequel comparaissait dans un box d’accusés, coiffé d’une calotte blanche et vêtu d’une abaya marron. Il faisait face au box dans lequel se trouvait Fadl Chaker, portant des lunettes noires et une chemise blanche. Mes Akoum et Sablouh ont demandé l’arrêt des poursuites contre Ahmad el-Assir, soutenant qu’il n’était pas présent sur les lieux de l’incident et ne pouvait, par conséquent, l’avoir orchestré. Ils ont également affirmé que leur client ne connaissait pas le plaignant, les contacts se limitant à de simples salutations occasionnelles, selon eux.
Les avocats ont ainsi estimé que les éléments constitutifs de la tentative d’homicide volontaire, prévue à l’article 547 du Code pénal, n’étaient pas réunis. Ils ont ajouté qu’au moment où il a eu connaissance des faits, le cheikh Assir a contacté les FSI pour une prise des mesures appropriées. Ils ont ensuite réfuté les accusations selon lesquelles 190 balles auraient été tirées en direction du domicile de Hilal Hammoud, estimant que si le cheikh salafiste et les autres prévenus avaient réellement eu l’intention de le tuer, ils se seraient plutôt introduits de force dans son domicile.
« Ni caméras ni témoins »
Dans leurs plaidoiries respectives, Kassem Salamé, avocat de Bilal Halabi, et Mahmoud Safa, avocat de Abdel Nasser Hneiné, ont, pour leur part, indiqué que leurs clients ne se trouvaient pas sur le lieu de l’incident lorsqu’il a éclaté, affirmant que le plaignant a tenu des propos « contradictoires et mensongers ». De son côté, Hussein Zeitoun, avocat de Hadi Qawas, a déploré que l’acte d’accusation précédemment rendu soit « fondé sur la version du plaignant, en l’absence de caméras et de témoins ». Il a soutenu que la plainte avait été déposée dans le cadre des conflits politiques qui opposaient le Hezbollah au groupe d’el-Assir.
Après les plaidoiries, l’avocat général près la Cour de cassation, Michel Ferzli, a demandé l’application des articles du Code pénal relatifs à la tentative de meurtre. Le mot de la fin était réservé aux cinq prévenus qui ont tous clamé leur innocence et demandé leur acquittement au nom de la justice.
« Dossiers fabriqués »
À l’issue de l’audience, Fadl Chaker a pu échanger brièvement avec les quelques journalistes sur place, rejetant toute implication, tant dans ce dossier que dans celui des affrontements de Abra. Cette dernière affaire est de nouveau examinée par le tribunal militaire qui, outre Ahmad el-Assir, incarcéré depuis 2015, avait condamné par contumace Fadl Chaker, en 2020, à 22 ans de prison, notamment pour avoir soutenu et financé le groupe du cheikh Assir. L’artiste s’était réfugié pendant de nombreuses années dans le camp de Aïn el-Héloué (Saïda), avant de se rendre en octobre dernier au service de renseignements de l’armée et de se présenter désormais en personne à ses procès.
« Tous les dossiers dont je fais l’objet sont fabriqués », a brièvement lancé le crooner. Sur ses conditions d’incarcération, M. Chaker a assuré « être très bien traité » au ministère de la Défense. « Si j’avais été sûr de ces conditions, je me serais rendu depuis longtemps », a-t-il lancé. Il s’est dit par ailleurs « confiant » dans la justice, espérant une libération prochaine.



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plainte provenant d'un cadre de la milice iranienne , elle meme-lui meme- contrevenant a toutes les lois etablies par la constitution et les lois Libanaises. belle justice que celle qui -ci.
09 h 38, le 25 avril 2026