Le président chypriote Nikos Christodoulidès à son arrivée à une session de travail du Conseil européen, le 24 avril 2026, à Nicosie. Photo Jewel SAMAD / AFP
Les dirigeants européens veulent s'engager davantage pour la désescalade au Moyen-Orient, ont-ils souligné vendredi à Chypre, juste avant un déjeuner de travail avec les présidents du Liban, de l'Egypte, de la Syrie et le prince héritier de Jordanie.
« L'Europe doit s'engager encore davantage ». Ce déjeuner sera « l'occasion, avec la Syrie, la Jordanie, entre autres, de pouvoir se coordonner. Ils sont impactés par la situation dans la région », a déclaré le président français, Emmanuel Macron, à Nicosie. « Nous avons tous intérêt » à ce que la stabilité revienne « le plus vite possible », a-t-il estimé, alors que son homologue américain, Donald Trump, avait affirmé avoir « tout le temps du monde » pour négocier une paix avec l'Iran, au moment où le cessez-le-feu avec Téhéran ne semble tenir qu'à un fil. Le président français a de nouveau insisté sur la nécessaire stabilité au Liban. La France est prête à organiser une conférence de soutien aux forces armées libanaises au moment où Beyrouth le jugera opportun.
L'Europe doit faire « beaucoup plus » au Moyen-Orient, a également plaidé le président chypriote, Nikos Christodoulides. Le sommet européen à Chypre revêt une forte dimension symbolique, puisque des bases de l'OTAN y avait été visées par des drones iraniens au début du conflit. M. Christodoulides a appelé plus largement à renforcer la coopération de l'UE avec les pays de Moyen-Orient. « Nous devons entamer des discussions avec le Liban en vue de conclure un accord stratégique et global », a-t-il mentionné. Et « nous devons renforcer notre dialogue avec le régime syrien. Comme vous le savez, des sanctions sont toujours en vigueur à l'encontre du régime » de Damas. « Nous devons trouver une solution, une approche progressive, pour les aider », a-t-il estimé.
Sont attendus à ce déjeuner de travail à Nicosie le président du Liban, Joseph Aoun, celui d'Egypte, Abdel Fattah al-Sissi, le Syrien Ahmed el-Chareh et le prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah.
Avant ce sommet, un responsable de l'UE soulignait que l'Europe était prête à « contribuer, lorsque les conditions seront réunies, à maintenir le détroit d'Ormuz ouvert. Tout dépendra bien sûr de la suite des événements. Nous espérons vivement que le cessez-le-feu sera respecté et maintenu » entre les Etats-Unis et l'Iran. Le conflit a eu un impact considérable sur l'économie européenne, dont la facture pour s'approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d'euros en sept semaines.


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